3-6-9-12 Apprivoiser les écrans et grandir PDF

Pour les enfants : Une vie de chien ? 3-6-9-12 Apprivoiser les écrans et grandir PDF 3 ans, l’enfant a besoin de mettre en place ses repères spatiaux, puis temporels.


Les usages des écrans ne peuvent pas être les mêmes à chaque étape de la vie. La règle « 3-6-9-12 », qui s’appuie sur des âges clés dans l’évolution de l’enfant, constitue une feuille de route pour un usage raisonné des écrans, de la naissance à la majorité, et au-delà. En effet, confrontés à la fois aux propositions des industriels et aux exigences grandissantes de leurs enfants, les parents ne savent plus sur quelles règles se baser pour répondre à leurs sollicitations. La règle « 3-6-9-12 » répond à leurs questions les plus urgentes. Mais on se tromperait si on croyait que son but est seulement de fixer des limites à la consommation des écrans. Leur stigmatisation serait tout aussi absurde que leur idéalisation. Cet ouvrage a pour but d’aider les parents et les pédagogues à les utiliser pour le meilleur et à éviter leurs pièges. Afin que nos enfants apprennent non seulement à se protéger et se diriger dans les écrans, mais aussi à les utiliser pour renouveler le monde.

Les repères dans l’espace se construisent grâce à toutes les interactions avec l’environnement qui implique tous ses sens : la vue, l’odorat, le goût, l’ouïe et le toucher. Les repères temporels se mettent en place à travers les histoires qu’on lui raconte et les livres qu’il feuillette. En effet de nombreuses recherches démontrent et confirment aujourd’hui les dangers des écrans particulièrement pour les enfants de moins de 3 ans. Le bébé se développe en mettant en bouche, regardant, touchant, manipulant, jetant, courant, expérimentant, jouant A travers ces activités, il développe sa motricité fine, ses repères dans l’espace à trois dimensions et sa capacité à interagir avec ce qui l’entoure. Il a besoin d’activités engageant ses dix doigts et l’ensemble de son corps. Les écrans allumés accaparent toute son attention et risquent de le rendre agité, de nuire à sa concentration.

La télévision ne peut, en aucun cas, remplacer l’interaction émotionnelle et affective avec l’entourage. La télévision, même spécifique au bébé et même en présence d’un adulte, ne favorise pas ce type d’interaction car aucune parole n’est vraiment adressée au bébé. Le bébé a également besoin qu’on lui raconte des histoires, de feuilleter des livres d’images pour installer les notions d’avant, pendant et après. Face à l’écran, l’enfant est passif : il n’a pas le sentiment de pouvoir agir sur le monde.

Or, pour son développement, le bébé doit être acteur et sentir très tôt sa possibilité d’agir sur ce qui l’entoure. C’est ce qu’il fait quand il manipule de petits objets autour de lui et quand il est en relation avec ses proches. L’enfant doit peu à peu apprendre à faire face à l’absence, au vide, à l’ennui. Cela lui permettra plus tard de ne pas être dans une activité incessante, une avidité de consommation. En se réfugiant dans la consommation des écrans, l’enfant évite d’affronter les angoisses de séparation ou les sentiments de frustration. Cela risque de l’entraîner dans une pseudo-satisfaction qui ne l’apaisera jamais car le manque est interne et ne sera jamais comblé par un objet extérieur. Soumis aux écrans, le jeune enfant devient captif du rythme très rapide des images, des couleurs, des sons.

Cet environnement est d’une intensité largement supérieure aux stimulations habituelles de la vie quotidienne d’un bébé. Il risque alors d’intégrer cette excitation comme ingrédient nécessaire dans sa personnalité en formation. Les dangers des écrans De nombreux travaux montrent que l’enfant de moins de 3 ans ne gagne rien à la fréquentation des écrans. Les premières études dans ce domaine ont porté sur la prise de poids, puis sur le langage . Le bain linguistique réel, avec des enjeux émotionnels de communication, est incontestablement plus riche qu’une exposition à un écran. Ces dangers sont également démontrés pour l’enfant qui joue dans une pièce où la télévision est allumée sans qu’il la regarde . Enfin, l’étude la plus récente a montré que les dommages liés à une consommation télévisuelle importante dans les premières années subsistent à l’âge de 10 ans .