Blow up, un regard anthropologique : Affleurer la surface du monde PDF

Blow up, un regard anthropologique : Affleurer la surface du monde PDF article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. Le film obtient la Palme d’or au Festival de Cannes 1967. Londres, dans les années 1960 : Thomas, photographe de mode, après un reportage photo sur les sans-abris, passe la matinée dans un parc, et attiré par la lumière, prend des clichés. L’endroit est presque désert, sauf un couple qui s’embrasse, que Thomas photographie de loin.


L’anthropologie, science ou art ? Qu’importe, les frontières sont poreuses et l’anthropologie a tout intérêt à s’ouvrir aux champs habituellement traités par l’esthétique. La rencontre entre l’analyse de Blow up – film de fiction réalisé par Michelangelo Antonioni en 1967 – et l’analyse de films relevant de l’anthropologie visuelle fera apparaître que le monde dans lequel nous vivons est un. Pour le comprendre dans sa complexité, nous proposons de redéfinir l’anthropologie comme projet et de croiser anthropologie, esthétique et philosophie.

Anthropologue, Thierry Roche centre ses recherches sur l’utilisation du cinéma en anthropologie, notamment sur la place du paysage dans les films anthropologiques, la mise en scène du réel, l’anthropologie et l’esthétique, la relation documentaire/fiction.

Il est maître de conférence à l’université Picardie Jules Verne et membre de l’équipe Habiter-PIPS.

Le personnage de Thomas est inspiré à Antonioni par le photographe David Bailey. Antonioni aime que les personnages soient les plus anonymes possibles. Antonioni, réalisant un film à Londres, avait tenu à amener là-bas toute une équipe technique italienne, engendrant des frais de production considérables. Carlo Ponti, et lui fait valoir qu’il a besoin d’une rallonge de crédit pour terminer son film : il n’a pas encore tourné la scène centrale notamment, celle du meurtre.

Afin que la pelouse du parc où se promène le personnage de David Hemmings ressorte bien à l’image, Antonioni la fit recouvrir d’une couche de peinture verte. Elle aurait disparu après le tournage du film. Cinquante ans plus tard, dans les polémiques qui suivent l’affaire Weinstein, Laure Murat redécouvre, dans ce film qu’elle croyait connaître et qu’elle admirait, le comportement du photographe, héros principal, envers les femmes, qui les invective, les déshabille de force et les brutalise. En réponse à Blow-Up, Francis Ford Coppola réalisa Conversation secrète en 1974, où le crime est révélé cette fois-ci par la technique sonore.

La scène de poses avec Veruschka est parodiée au début d’Austin Powers 2 : L’Espion qui m’a tirée. Ce film a également fortement inspiré Dario Argento pour la réalisation de son giallo Les Frissons de l’angoisse dans lequel David Hemmings interprète le rôle principal. La bande originale du film est réalisée par Herbie Hancock. De plus, une scène du film représente un concert de The Yardbirds, période Jeff Beck et Jimmy Page. L’édition contient en supplément un commentaire audio de Peter Brunette et l’option piste audio musicale seule. Thierry Roche, Blow-Up, un regard anthropologique : affleurer la surface du monde, 2010, 172 p.