Claude Monet 1840-1926 : Une fête pour les yeux PDF

Les Meules est le titre d’une série de tableaux impressionnistes peints par Claude Monet. 1890 et poursuivis jusqu’claude Monet 1840-1926 : Une fête pour les yeux PDF début de l’année 1891.


La particularité de cette série est de répéter un même motif afin de montrer les différents effets de la lumière et de l’atmosphère au fil des jours, des saisons, et des conditions météorologiques, mais aussi d’en varier les cadrages et points de vue. Les autres toiles se répartissent dans des collections privées. Monet pour illustrer l’article d’Octave Mirbeau paru dans L’Art dans les deux mondes en mars 1891, et qui évoquait la série à peine achevée. Dès lors, la campagne avoisinante devient, entre deux voyages, l’un de ses sujets privilégiés. 92 cm, Hill-Stead Museum, Farmington, CT, États-Unis.

Une première fois, Monet va ériger ces meules de blé en sujet principal d’une ébauche de série de cinq tableaux. C’est seulement deux ans plus tard, après la moisson de 1890, que Monet revient aux meules. Je deviens d’une lenteur à travailler qui me désespère, mais plus je vais, plus je vois qu’il faut beaucoup travailler pour arriver à rendre ce que je cherche : l’instantanéité, surtout l’enveloppe, la même lumière répandue partout, et plus que jamais les choses faciles venues d’un jet me dégoûtent. Allez donc à la maison, si vous voulez bien, et apportez-moi une autre toile . Elle me l’apporte, mais peu après, c’est encore différent : une autre! Et le voilà à deux pas de sa maison tranquille, de son jardin où flambe un incendie de fleurs, le voilà qui s’arrête sur la route, un soir de fin d’été, et qui regarde le champ où se dressent les meules, l’humble terre attenant à quelques basses maisons, circonscrite par les collines prochaines, pavoisée de l’incessant défilé des nuages. Monet est au travail depuis un mois environ quand Louis-Joseph Singeot, son propriétaire de Giverny, met le domaine en vente.

L’acte de vente est signé le 17 novembre pour la somme de 22 000 francs, payables en quatre ans. 100 cm, Metropolitan Museum of Art, New York. Le motif des meules de blé n’est pas nouveau dans la peinture. Dans ce contexte de réalisme rural, la meule suffit à désigner, par métonymie, les moissons, et, pour Des Glaneuses, les paysans aisés par opposition à la rudesse de la condition des femmes du premier plan. C’est là , dans cette perpétuelle fête des yeux, qu’habite Claude Monet. Il donne la sensation de l’instant éphémère, qui vient de naître, qui meurt, et qui ne reviendra plus, — et en même temps, par la densité, par le poids, par la force qui vient du dedans au dehors, il évoque sans cesse, dans chacune de ses toiles, la courbe de l’horizon, la rondeur du globe, la course de la terre dans l’espace. Quand d’un plus éclatant élan pour de plus harmonieuses clameurs ses couleurs se confédèrent-elles?