Cours européen de pathologie chirurgicale du membre supérieur de la main PDF

L’exemple le plus classique de ces syndromes canalaires est représenté par le syndrome du CANAL CARPIEN. Mais la plupart de ces syndromes restent idiopathiques, sans cause retrouvée et en rapport uniquement avec les conditions anatomiques locales. Nous allons évoquer quelques syndromes canalaires périphériques dont l’ordre de présentation est agencé selon leur fréquence de rencontre en pratique médicale courante. II – LE SYNDROME DU CANAL CARPIEN Il s’cours européen de pathologie chirurgicale du membre supérieur de la main PDF là, du syndrome canalaire le plus fréquent et de ce fait, le plus connu.


Pour la deuxième année consécutive, les organisateurs du Cours Européen de Chirurgie de la Main et du Membre Supérieur, qui se déroule traditionnellement pendant la troisième semaine de janvier chaque année à l’Hôpital Européen Georges Pompidou, mettent à la disposition du plus large public le contenu du cours, plutôt que de limiter sa diffusion aux seuls inscrits. Ils espèrent ainsi diffuser les dernières connaissances sur de grands sujets de pathologie de la main et du membre supérieur parmi les chirurgiens de la main et du membre supérieur, orthopédistes ou plasticiens, soignant les enfants comme les adultes, les médecins rééducateur, les rhumatologues, les kinésithérapeutes, ergothérapeutes et infirmières des services concernés. Ce deuxième volume illustre de bien l’esprit dans lequel ces cours ont été organisés : plutôt que d’étudier les pathologies du membre supérieur par régions anatomiques (épaule, coude, poignet, main), ce sont des thèmes transversaux qui ont été retenus, exposant la totalité de la pathologie du membre supérieur par grands thèmes: raideurs post-traumatiques, syndromes canalaires, traumatologie ostéo-articulaire de l’enfant. Comme on le voit, la collection s’intéresse aux traumatismes récents, de l’enfant comme de l’adulte, et à la pathologie orthopédique froide, qu’elle touche l’os, les articulations, les muscles, les tendons, les artères ou les veines… Fait nouveau, ce cours conçu depuis des années sous l’égide du Collège Français des Chirurgiens Orthopédistes et Traumatologues est maintenant reconnu Formation Médicale Continue (FMC).

La première description clinique de ce syndrome est attribuée à HUNT en 1909 et c’est quelques années plus tard que MARIE et FOIX, en 1913, en font la première description anatomique chez un malade dont le médian, écrivaient-ils, formait, immédiatement au dessus du ligament annulaire, un renflement ayant l’aspect d’un névrome. Ce syndrome se rencontre essentiellement chez l’adulte et plus souvent chez la femme. Rappelons que le nerf médian est moteur pour le court abducteur, le court fléchisseur et surtout l’opposant du pouce. Son territoire sensitif intéresse la face palmaire des 3 premiers doigts et la moitié du 4ème, ainsi que la face dorsale des 2ème et 3ème doigts au niveau de la dernière phalange.

Les limites du canal carpien sont représentées par en arrière la gouttière osseuse du carpe et en avant le ligament annulaire antérieur tendu d’une berge à l’autre de la gouttière osseuse. Le plus souvent, il s’agit d’un syndrome canalaire primitif. Les lésions nerveuses initiales résulteraient d’un obstacle au retour veineux qui provoquerait un oedème du nerf et une anoxie qui atteint en premier les fibres sensitives de gros diamètre. Les douleurs siègent de façon caractéristique au niveau de la face palmaire des trois premiers doigts de la main, mais peuvent atteindre toute la main et même irradier au niveau de la face antérieure de l’avant bras. Plus que de véritables douleurs, il s’agit plus volontiers de fourmillements, de picotements extrèmement génants.

La recrudescence nocturne de ces douleurs est habituelle, réveillant la malade la nuit, souvent aux mêmes horaires. Certains gestes calment la douleur, en agitant la main ou en la laissant pendre en dehors du lit. Des troubles vasomoteurs sont fréquents, avec hypersudation ou oedème de la main. D’abord nocturnes, ces phénomènes douloureux persistent le jour, handicapant ainsi la malade dans les activités ménagères courantes.

Les formes bilatérales sont fréquentes avec alors, nette prédominance d’un coté. Dans tous les cas, il faut rechercher un signe de TINEL au niveau de la face antérieure du carpe ainsi qu’une voussure, souvent douloureuse à la pression, à la face antérieure du poignet. L’EMG qui met en évidence un allongement de la latence motrice distale du nerf médian, alors que la vitesse de conduction motrice entre le coude et le poignet est normale. Quand cela est possible, l’étude des vitesses de conduction sensitive montre également un ralentissement significatif. De même, le syndrome survenant pendant la grossesse régresse habituellement après l’accouchement ou le « retour de couches ».

Il faut alors recourir alors aux infiltrations locales de corticoides. La première est le plus souvent efficace et ce parfois de manière prolongée. La deuxième est moins efficace et de plus brève durée. Aux stades II et III, avec troubles sensitifs et à fortiori moteurs objectifs, l’indication opératoire est formelle. Il faut noter que l’importance de l’allongement des latences distales ne représente pas isolément un critère opératoire. III – LE SYNDROME DU TUNNEL CUBITAL AU COUDE Il s’agit sûrement du syndrome canalaire le plus fréquent en pathologie neurologique après le syndrome du canal carpien. Cette fréquence s’explique par l’extrème vulnérabilité du nerf à la jonction brachiale – antebrachiale.

A la partie inférieure l’arcade du cubital antérieur réunissant les deux chefs du muscle. Les parois de ce tunnel sont par ailleurs en perpétuel mouvement. Par exemple, la bandelette épitrochléo-olécranienne est lache quand le coude est en extension et au contraire tendue quand le coude est en flexion, position au cours de laquelle le nerf tend à bomber en dehors. Dans ce canal ostéo-fibreux, le nerf cubital est donc extrèmement vulnérable.