Dramaturgies de l’atelier-théâtre : De la mise en jeu à la représentation PDF

Marivaux, dans cette comédie aux dialogues étincelants, questionne l’ordre établi et les préjugés sociaux en inversant les rapports maîtres-valets. Le double jeu de dramaturgies de l’atelier-théâtre : De la mise en jeu à la représentation PDF engendre complications et quiproquos, et ce sont finalement les femmes qui s’en sortent le mieux. Silvia, fille de Monsieur Orgon et sœur de Mario, est inquiète à la perspective d’épouser Dorante, un jeune homme qu’elle ne connaît pas.


Cet ouvrage traite des principaux enjeux et problèmes rencontrés dans la mise en place et l’animation des ateliers-théâtre. Il interroge les différents modèles qui en conditionnent le fonctionnement et il propose des pistes concrètes pour instaurer des approches collectives et variées du jeu théâtral, allant de la simple « mise enjeu » au « jeu maîtrisé ».

L’ouvrage fait confluer deux recherches, l’une vouée aux pédagogies du théâtre, l’autre consacrée aux esthétiques théâtrales. Ainsi sont posés d’emblée deux principes directeurs. Tout d’abord : c’est en rassemblant les participants autour d’un projet de fiction qu’on leur permet de s’exprimer et de progresser dans la maîtrise du jeu théâtral. Ensuite : il n’y a pas de bon projet de fiction sans le soutien d’un fin travail dramaturgique et d’une forte esthétique de référence, pour alimenter, susciter et canaliser la créativité des joueurs.

Loin des listes obligées de jeux et d’exercices, ce livre défend la conception d’un atelier qui trouve à renouveler sans cesse ses parcours grâce aux fictions qu’il traverse. Il s’adresse aux artistes intervenant dans les ateliers, aux animateurs désireux de promouvoir les activités théâtrales dans leurs structures, aux enseignants qui encadrent des ateliers, aux meneurs de troupes d’amateurs, mais aussi à tous ceux qui s’intéressent à l’art et la manière de faire du théâtre.

Je tenais très sincèrement à vous dire combien votre intervention m’a plu. Votre stage et votre vision du théâtre m’ont beaucoup apporté et Je me suis immédiatement servie de votre façon de faire, dès le lendemain. En effet, je monte Roméo et Juliette avec mes 3es. J’ai installé dans ma salle un « secret », j’ai délimité avec du scotch et des draps l’espace scénique et les coulisses. J’ai fabriqué avec les moyens du bord un paravent. J’ai également revu la découpe du texte et j’ai finalement conservé les interventions du choeur, que j’avais au départ supprimées ne voyant pas comment les mettre en scène. J’ai également ôté des scènes trop explicatives et j’ai utilisé des scènes muettes, et des arrêts sur image. J’utilise des musiques, classiques ou au contraire très décalées (…). J’ai immédiatement utilisé des costumes. Les élèves adorent ! Ils jouent tous et à toutes les répétitions, ils préparent les scènes en autonomie puis me les présentent, et nous les retravaillons ensemble. Grâce au « secret », ils placent d’eux-mêmes leur regard et portent leur voix. Les deux interventions du choeur fonctionnent très bien, et les élèves sont très drôles ou au contraire très tragiques. Le résultat obtenu s’inspire donc grandement des éléments donnés pendant votre stage.

Comme vous pouvez le sentir je suis très enthousiaste et je vous remercie encore de ce que vous m’avez apporté.

Aurélie D.
professeur de collège, mai 2009

Lorsqu’elle apprend sa venue, elle obtient de son père l’autorisation de prendre le rôle de sa femme de chambre, Lisette, afin de pouvoir étudier plus à son aise le caractère de son prétendant. Dès que Dorante arrive sous son travesti, Mario veut que Silvia et lui se tutoient, selon l’usage des serviteurs, ce qui les gêne bien un peu au début. Sous son déguisement de soubrette, Dorante trouve Silvia charmante et il lui fait un brin de cour en lui adressant une série de compliments des mieux tournés. Obligée, de son côté, de souffrir ces assiduités pour ne pas se trahir, Silvia finit par y prendre goût et par regretter que le prétendu valet n’ait pas une meilleure situation sociale. Lisette, quant à elle, est enchantée du faux Dorante et prie Monsieur Orgon, le père, de la dispenser de continuer, parce qu’elle prendra cet amour au sérieux. En effet, dès la seconde entrevue, on s’est dit qu’on s’aime, tout en se prévenant mutuellement qu’il y aura peut-être à en rabattre lorsqu’on se connaîtra mieux.

Lisette, de son côté, fait entendre à Silvia qu’elle-même va bien loin avec le valet. Dorante, lassé de ce jeu cruel, avoue le stratagème à Silvia. Conscient que sa position sociale lui interdit d’épouser une servante, il ne peut cependant se défendre de l’aimer. Soulagée d’apprendre qu’elle est tombée amoureuse du vrai Dorante, Silvia lance alors un ultime défi : Mario, à sa demande, prétend avoir pour elle de l’attirance. Dorante est troublé par ce rival et la réponse de Silvia qui ne dément pas les propos de Mario.

Un laquais apparaît au tout début de l’histoire. Le Jeu de l’amour et du hasard présente ainsi une double intrigue : d’abord celle qui met en présence Arlequin et Lisette, les valets travestis en  personnes de condition  en prenant l’identité de leurs maîtres. Monsieur Orgon, le père de Silvia, est indulgent, compréhensif et affectueux, malgré sa malice. Il guide le jeu de l’amour et du hasard, tout en laissant sa fille faire ses preuves. Avec la complicité de Mario, son fils, il la pousse même à aller jusqu’au bout de son expérience. Le public lui réserva un bon accueil.

Il y eut quinze représentations entre le 23 janvier et le 25 février 1730, avec, en moyenne 620 spectateurs. La pièce, jouée à Versailles le 28 janvier, y fut aussi  très goûtée . Entre sa création et 1750, le Jeu , que les Italiens étaient toujours prêts à représenter au pied levé, bénéficia de cent deux représentations recensées et d’un total de 42 000 spectateurs. Dans cette dernière traduction, fortement germanisée, de J. Le Jeu de l’amour et du hasard reste, entre 1840 et 1970, la pièce de Marivaux la plus fréquemment jouée à la Comédie-Française. Mais après 1968 les metteurs en scènes multiplient les interprétations.

Marivaux dépoussiéré et rajeuni,  du « théâtre » prodigieusement épuré. On peut considérer le film d’Abdellatif Kechiche L’Esquive, qui raconte l’histoire d’une représentation du Jeu de l’amour et du hasard par des lycéens d’une cité HLM, comme une œuvre dérivée. Patrice Pavis, Vers une théorie de la pratique théâtrale, vol. Morvan Levesque, L’Express, 13-19 mars 1967, p. Mise en scène de Jean Liermier , sur Télérama. Le classique du marivaudage revu par Galin Stoev ?

Le Jeu de l’amour et du hasard , sur www. Arte lance sa collection théâtre avec une fiction de Valérie Donzelli, sur programme. Albert Barrera-Vidal,  Les Différents niveaux de langue dans le Jeu de l’amour et du hasard de M , Die Neueren Sprachen, 1966, no 15, p. Karine Bénac,  Dissensions langagières et efficacité de la parole dans Le Jeu de l’Amour et du Hasard , Champs du Signe : Sémantique, Poétique, Rhétorique, 1996, p. Karine Bénac,  Fantasio et Le Jeu de l’amour et du hasard : Une Même Quête de l’identité ?

André Blanc,  Marivaux à rebours : du hasard à la nécessité , Dramaturgies : langages dramatiques, Paris, Nizet, 1986. Marguerite Boulet-Sautel,  Théâtre et droit : Marivaux, Le Jeu de l’amour et du hasard , Études sur l’ancienne France offertes en hommage à Michel Antoine, Paris, École des Chartes, 2003, p. Carr,  Marivaux’s Jeu de l’amour et de la raison , Australian Journal of French Studies, jan. Connon,  The Servant as Master: Disguise, Role-Reversal and Social Comment in Three Plays of Marivaux , Studies in the Commedia dell’Arte, Cardiff, U of Wales P, 1993, p. Annelie Hegenbarth-Rösgen,  Zufall, Liebe und Intrige-Marivaux: Le Jeu de l’amour et du hasard , Neusprachliche Mitteilungen aus Wissenschaft und Praxis, Aug.

Gérard Lahouati,  Le Philosophe et le misanthrope : langage, théâtre et philosophie dans La Double Inconstance et Le Jeu de l’amour et du hasard , nov. Cynthia Osowiec Ruoff,  The Smile of the Mind: From Molière to Marivaux , Analecta Husserliana, 1998, no 56, p. John Pappas,  Le Réalisme du Jeu de l’amour et du hasard , dans Essays on the Age of Enlightenment in Honor of Ira O. Annie Rivara,  Le Comique et le sublime dans le théâtre de Marivaux , Pensée de Marivaux, Amsterdam, Rodopi, 2002, p.