Entre enfants et professionnels : des histoires d’amour ? PDF

Le blog de l’amie scolaire : Entre enfants et professionnels : des histoires d’amour ? PDF de profs. Ce blog n’est pas un forum de débat entre partisans et adversaires de la pédagogie.


Il veut être un lieu de réflexion et d’échanges pédagogiques destiné aux professionnels de l’école et à tous ceux qui s’interrogent, doutent, cherchent, souhaitent une aide à la recherche, à la pratique du métier, sans oublier les parents, bien sûr. Mais oui, l’interdisciplinarité est une chance ! Le titre de ce billet, effrontément emprunté aux Cahiers Pédagogiques, qui présentent ainsi le dernier numéro de leur revue : « Croiser des disciplines », s’impose devant le nouveau champ de bagarres provoqué par le projet de programmes, notamment pour le collège. Comme le souligne Philippe Meirieu, le vocabulaire est ici bien mal choisi : il est clair qu’il ne peut s’agir d’un « entraînement », mais bien de situations de prises de conscience, sur des points essentiels : ce qu’est réellement une discipline d’enseignement, et quelle place occupe cette notion dans la « réalité » de l’expérience des enfants. 1- par des temps de réalisations collectives de projets.

Contrairement à ce que pensent certains, ces projets ne sont pas des moments de « non-travail ». Ce sont des moments, nécessaires, de RÉINVESTISSEMENT des savoirs acquis, permettant aux enfants de prendre conscience de ce qu’il est important de les acquérir, mais aussi de prises de conscience des savoirs qui manquent encore : autrement dit, leur rôle est également d’être de puissants facteurs de motivation des apprentissages. 2- par des moments de travail, non pas « inter-disciplinaires », mais TRANS-DISCIPLINAIRES. L’un des grands torts du cloisonnement des disciplines est, en effet, qu’il empêche l’indispensable travail sur des compétences, nécessaires à plusieurs disciplines, mais présentes sous des formes différentes.

Quelles sont ces compétences « transdisciplinaires » ? Où l’on voit que la lecture, loin d’être une « discipline », est un outil totalement transversal aux disciplines. C’est donc de cette façon transversale qu’il convient de l’aborder dès les premiers apprentissages. Apprendre à lire, ce n’est pas pour pouvoir lire des histoires, petites ou grandes, mais pour accéder à tous les savoirs qu’il faut acquérir pour grandir. Où l’on voit que la production d’écrits est également transdisciplinaire, et qu’elle doit comporter l’apprentissage de tous les types d’écrits que les enfants rencontrent à l’école : comment on rédige la réponse à des questions d’histoire ou de science, comment on rédige la solution d’un problème, etc. Nombreuses sont les situations scolaires où l’on demande aux élèves de JUSTIFIER leur réponse Le problème, c’est qu’on n’a en général pas prévu de leur apprendre, ni ce que ça veut dire, ni comment on s’y prend. Or, là aussi, on ne s’y prend pas de la même manière pour justifier une affirmation portant sur des faits et une affirmation portant sur une opinion.

L’actualité nous rappelle tous les jours à quel point ce type de différence est ignoré du grand public, et a fortiori, des élèves, dont on découvre que, même au niveau de leurs études supérieures, ils sont complètement déstabilisés par une demande de justification. Quant à la notion d’argument, si le mot est connu, la chose reste un mystère pour beaucoup. C’est là, certes, une condition nécessaire, basique même, mais assurément pas suffisante ! Or, cette notion de projet est très sensible à l’école, d’une discipline à l’autre, dès qu’on y regarde d’un peu près : le même paysage n’est pas décrit de la même manière dans un conte de Daudet, un manuel de géographie, un manuel de géologie, ou un dépliant touristique. De plus, une description n’est jamais seule dans un texte, et cela la rend largement dépendante du type d’écrit où elle se trouve. Même à l’intérieur d’un même type, les descriptions ne seront pas les mêmes, si le projet est différent : dans un roman, la description d’un jardin sera différente si le roman est une histoire d’amour romantique, un polar à suspens, ou un récit d’horreur. Moralité : l’apprentissage de la description ne peut se faire sérieusement que de façon transdisciplinaire, pour repérer les différences, et devenir capable d’adapter ses descriptions au type d’écrit que l’on a à produire.

Notons, au passage, que cela implique que soit précisé, dans la consigne, le type d’écrit où elle est censée se trouver. On mesure tout ce que fait perdre aux élèves le cloisonnement permanent des disciplines, et comme on abandonne aux hasards des rencontres, — ou plutôt, au non-hasard de la naissance — les chances de maîtriser réellement la compréhension du monde qui nous entoure, ainsi que l’outil qui permet d’y accéder et de la communiquer, cette maîtrise de la langue, toujours exigée, si mal mise en place, la plupart du temps ! Les trackbacks pour ce billet sont fermés. Sur le fond, c’est « une vieille histoire » et les pratiques n’ont pas manqué. Que n’ont-elles été un peu plus transmises et modélisées.

D’autant que l’enthousiasme des pédagogues authentiques ne peut sans doute pas se décréter d’en haut, surtout quand l’exemplarité manque. Comment faire, aujourd’hui, pour avancer, à frais nouveaux, les idées d’une « pédagogie muable » ? Est-ce compatible avec une « refondation » qui ne touchera ni aux fondements, ni aux fondations ? Le dimanche 10 mai 2015 à 11:47, par David. Il est vrai que j’ai pris l’habitude d’écrire au tableau l’emploi du temps de la journée. En fait cela m’a toujours gêné de le faire mais je le faisais pour faire comme tout le monde pour être en adéquation avec ce que demandent certains inspecteurs : « Il faut présenter la journée à vos élèves afin de les mettre en projet » Même dans ma formation initiale il était conseillé de présenter sa journée.