Habitat et modes de vie des immigrés africains en france PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? Adoma possède et gère 450 établissements dans toute la France, ce qui représentait en 2004, 70 454 lits et un nombre réel d’occupants sujet à controverse mais supérieur au moins de la moitié à habitat et modes de vie des immigrés africains en france PDF chiffre.


Outil de l’État, Adoma a joué un grand rôle dans l’administration et la vie de l’immigration en France, alors que prévalait l’idée que les immigrants n’étaient qu’une population de passage, à l’opposé du rôle d’intégration qui est censé être le sien aujourd’hui. Son rôle s’est étendu aujourd’hui à l’ensemble de la population touchée par la précarité. Devenue Sonacotra à l’indépendance de l’Algérie, l’entreprise se développe particulièrement à partir du milieu des années 1960, du fait de la demande en main-d’œuvre de l’industrie d’une part et, d’autre part, de la politique de l’État après le vote de la loi Debré en 1964 pour la résorption des bidonvilles. Jusqu’à la fin des années 1960, la situation faite aux travailleurs immigrés dans les foyers qui accueillent aussi maintenant de nouvelles populations originaires pour beaucoup d’Afrique sub-saharienne attire peu l’attention. Mais, dès le début des années 1970, les conflits se multiplient du fait du délabrement précoce des bâtiments, de l’autoritarisme de la direction, d’un statut administratif qui prive les résidents du statut de locataire et des droits afférents. La longue grève des loyers qui a opposé de 1975 à 1980 les résidents à la direction pour protester contre l’augmentation des loyers, obtenir un assouplissement des contraintes imposées dans les foyers, dénoncer la surveillance dont ils faisaient l’objet et obtenir la reconnaissance de comités de résidents élus a été une des luttes sociales les plus longues et les plus importantes de l’époque. La  grève des loyers  débute en janvier 1975 avec les résidents du foyer Romain Rolland de Saint-Denis, en majorité originaires d’Algérie avec une forte minorité issue du Mali et du Sénégal.

Initiés par des résidents ayant acquis une expérience syndicale dans le cadre de leur travail, ces luttes trouvent des relais chez des étudiants africains et français à l’occasion notamment de cours d’alphabétisation dispensés dans les foyers par des associations bénévoles. Les grévistes bénéficient aussi du soutien d’organisations militantes, maoïstes en particulier, et de groupes autonomes. Le meeting organisé par le Comité de coordination le 21 février 1976 à la Mutualité marque la politisation publique du mouvement, et l’expulsion de France de 18 grévistes délégués, les 8 et 16 avril 1976, l’implication directe dans le conflit de l’État propriétaire et commanditaire de la Sonacotra. Une forte mobilisation se crée pour le retour des militants expulsés et le conflit culmine en 1977 et 1978 avec 30 000 grévistes. Mais si les comités de soutien obtiennent le retour des militants, ils se heurtent à un refus intransigeant de la direction qui fait procéder jusqu’en 1979 à l’expulsion de plus de 500 résidents des foyers. Quand la grève a été arrêtée, la Sonacotra avait satisfait un certain nombre d’exigences des comités de résidents, en particulier la reconnaissance de comités de résidents élus et l’assouplissement de certaines règles.

En revanche, les résidents n’obtiendront pas le statut de locataire, qui constituait un des enjeux essentiels de la lutte, pas plus que la reconnaissance du Comité de coordination. Le 16 septembre 1979 la direction de la SONACOTRA a aussi subi le deuxième attentat revendiqué par Action directe. Cependant la population de la Sonacotra évolue. Si des foyers demeurent des établissements regroupant une population active et homogène, d’autres souffrent de la cessation des activités économiques qui avait justifié leur construction et une partie de la population d’origine vieillit sur place. Elle est de manière générale touchée par la précarisation et la Sonacotra est aussi appelée à répondre aux besoins d’une nouvelle population, composée à partir de 1992 aussi de Français. Appelée à jouer un rôle d’intégration, la Sonacotra connaît en même temps une restructuration difficile.

Un rapport de la Cour des comptes mettant en cause la gestion de la Sonacotra, son PDG Michel Gagneux démissionne et la Sonacotra porte plainte contre lui, le 10 février 1993, pour  abus de confiance, abus de biens sociaux et abus de pouvoirs . En 1995 une étude révèle qu’un tiers des résidents SONACOTRA est au chômage, pour une population encore aux trois quarts ouvrière qui bénéficie de revenus parmi les plus faibles. Le vieillissement des résidents retraités inquiète les pouvoirs publics et gestionnaires et fait l’objet de plusieurs rapports et d’une étude de l’Unesco. En 2004, Michel Pélissier, le PDG, reconnaît les problèmes d’intégration que posent l’habitat en foyer :  Nous nous sommes trompés. Ils ne sont pas tout à fait chez eux ici mais pas non plus au bled. Le seul endroit où ils se sentent à l’aise, c’est le foyer.

Cependant les foyers connaissent une évolution diverse et certains restent des lieux très actifs d’accueil d’immigrants, en particulier originaires d’Afrique subsaharienne. Pour assurer ses nouvelles missions d’accueil de personnes en grandes difficultés, elle a multiplié les partenariats publics et privés. Elle renforce aussi ses liens avec La Caisse des dépôts et consignations afin de répondre aux besoins en matière de logement d’urgence. Cour des comptes,  De la SONACOTRA à Adoma  , sur ccomptes. Accor cède 62 hôtels F1 à Adoma pour les transformer en structures d’hébergement social : 400 postes supprimés, miroirsocial. Mireille Galano,  Une lutte exemplaire , Plein Droit, GISTI, no 53-54,  Immigration : trente ans de combat par le droit , mars 2002. Assane Ba, Vingt ans après, Vacarme.

Entretien avec un leader du mouvement. Un récit détaillé des grèves d’un point de vue maoïste avec de nombreux documents d’époque. Choukri Hmed, « Contester une institution dans le cas d’une mobilisation improbable. La grève des loyers dans les foyers Sonacotra dans les années 1970 », Sociétés contemporaines, no 65, avril 2007, p.