Histoire des innovations alimentaires : XIXe et XXe siècles PDF

Localisation du gisement sur histoire des innovations alimentaires : XIXe et XXe siècles PDF carte des bassins houillers français. D’après les textes, ce lieu se trouve dans la communauté de St Benoît en aval de Carmaux.


Que serait notre alimentation sans les conserves, le frigidaire, la cuisson au gaz ? Que serait-elle devenue sans la sélection végétale et animale, sans les apports des procédés alimentaires ou les certifications qualitatives ? Cet ouvrage revient sur les origines de l’industrie alimentaire, la formation des marchés, la place des normes, les labels de qualité et les techniques ainsi que sur la réaction des consommateurs et des différents acteurs face à l’innovation.

Un acte de cession datant de 1542, conserve dans les archives de la famille de Solages, nous donne une indication importante: la noblesse et le clergé comptaient parmi leurs possessions, des droits sur des mines. Noble Raymond d’Arpajon, seigneur de Labastide-Gabausse, possédait deux parts sur une mine située dans la communauté de Saint-Benoît, probablement la mine de la Bartète, la troisième part revenait au chanoine de la cathédrale d’Albi, Antoine Dalens. La tradition veut que la dot de la mariée s’élève à 250 000 livres de l’époque. Elle s’occupe de la gestion des puits de mine avec l’aide d’un gestionnaire, Noble Jean Charles de Cantuer, habitant au château de Carmaux, pendant que son mari fait la guerre dans les armées du roi. Forêt domaniale de la Grésigne et de la Montagne Noire. Le charbon était exploité de longue date à Carmaux.

Un règlement paru en 1744 avait déjà mis un peu d’ordre dans les exploitations minières, soumises à une autorisation préalable fixant diverses mesures de sécurité. Gabriel de Solages créa la compagnie de Carmaux, où il était majoritaire, avec pour associés le scientifique et militaire Patrick d’Arcy et son oncle Nicolas Robert d’Arcy. En 1789, 200 ouvriers extrayaient 6 500 tonnes de combustibles à Carmaux. Le dernier directeur de la compagnie au temps où la famille de Solages en était propriétaire fut Adolphe Boisse. Cérou découvrirent la présence de charbon dans le sol de leurs propriétés.

En 1692, Jacques-Philippe de Ciron acquiert le titre de marquis de Carmaux. Il décida de développer l’extraction du charbon, au profit de la seigneurie carmausine. La famille de Solages, de noblesse chevaleresque, est l’une des plus anciennes familles du Rouergue. Cette famille compte parmi ses membres de nombreux officiers au service des rois de France. En 1742, Antoine-Paulin de Solages, fils de François-Paul, hérita à son tour du titre de marquis de Carmaux. Gabriel-Charles de Solages contribua très clairement à la modernisation des techniques d’exaction du charbon dans le carmausin.

En décembre 1793, à la suite de la Révolution française, et sous le régime de la terreur, les mines furent nationalisées. Les Solages furent suspectés de soutenir le mouvement royaliste. Durant les années du Premier Empire, la France, en guerre avec le reste de l’Europe, dut se suffire à elle-même. Les puits alors existants ne suffisaient plus à alimenter les industries locales. Une nouvelle zone d’extraction vit le jour à proximité du Cérou. L’exploitation s’appelait alors Entreprise des Mines et de la Verrerie de Carmaux de Solages père et fils. Parmi les innovations, on peut noter également, à partir de 1834, la construction de rails pour y faire glisser des wagonnets, facilitant la tâche de transport souterrain du charbon, un travail qui, la plupart du temps, sollicitait des enfants.

Carmaux étaient encore avant tout des paysans, qui partageaient leur temps entre le travail à la mine pour leurs revenus et le travail de la terre pour nourrir leur famille. La plupart d’entre eux habitaient dans les environs de Carmaux et devaient effectuer le trajet jusqu’aux puits à pieds. 1874, deux fosses furent creusées pour l’exploitation d’un puits : une pour l’extraction du charbon et la descente des mineurs, l’autre pour l’aérage et l’évacuation de l’eau. En 1883, le nombre de mineurs atteignit 2060, le double qu’en 1869. Article détaillé : Grèves de Carmaux de 1892-1895.

En février 1883, la direction demanda aux mineurs de travailler deux heures de plus par jour. Cette décision amena ces derniers à se mobiliser massivement, réclamant le maintien de la journée de huit heures, une augmentation de salaire, une meilleure gestion de la Caisse de secours, l’arrêt des licenciements arbitraires. Ce dernier, alors ajusteur aux ateliers des mines, fut licencié le 2 août 1892 par la Société des Mines de Carmaux, prétextant que ses fonctions politiques portaient atteinte à son activité professionnelle. Malgré la demande des mineurs de réintégrer leur maire à la mine, la direction resta imperturbable. Jean Jaurès, converti au socialisme depuis la grande grève de mineurs de Carmaux, porta sa candidature au poste vacant de député de Carmaux. Néanmoins, le marquis de Solages retrouva son poste de député de Carmaux en 1898, en battant Jaurès à la suite d’une campagne électorale houleuse.

Jean Jaurès fut à nouveau élu député de Carmaux en avril 1902. Et en octobre, de nouvelles grèves éclatèrent, concernant cette fois-ci l’ensemble des bassins miniers de France. De nouveau, les mineurs furent divisés. En 1914, à la suite de grèves de courte durée, les mineurs obtinrent une caisse de retraite autonome. Le travail de fond n’avait alors pas beaucoup évolué, si ce n’est la mise en service, dans certains puits, de trolleys électriques remplaçant les enfants et les animaux pour transporter le charbon dans les galeries souterraines.

Statue du tribun socialiste castrais Jean Jaurès. Le 31 juillet 1914, les mineurs apprirent avec douleur l’assassinat de Jean Jaurès par Raoul Villain. Nord repartirent chez eux et la production carmausine chuta de nouveau. En outre, près de trois cents mineurs carmausins trouvèrent la mort sur le front. Friches industrielles du lavoir de la Tronquié à Blaye-les-Mines. Cette réquisition dure 26 mois dans une quasi-autonomie et sous le seul contrôle de Loisy, l’ingénieur des mines de Toulouse. Ces retards sont imputables au gouvernement tripartite d’alors, et spécialement aux luttes qui divisaient les ministres pour la désignation des administrateurs représentants du personnel des houillères.