L’Exception islamique PDF

Comment enterre-t-on les morts dans le respect de l’islam? Les autorités américaines ont décidé d’un burial at sea ce qui signifie que le corps d’Oussama ben Laden a été jeté à la mer. Cela respecte-t-il la religion du défunt, comme l’affirme la L’Exception islamique PDF Blanche? Des gens pleurant lors des funérailles de Ridha Mohammed à Malkiya, ouest de Manama, le 22 février 2011.


Ce livre tente de comprendre la stagnation de la ‘civilisation musulmane’ dans le theologico-politique. C’est aujourd’hui, parmi toutes les civilisations du monde, la seule exception, puisque les pays d’Asie par exemple ont globalement réussi leur entrée dans la modernité, parfois en gardant subtilement leurs traditions (cf. le Japon et la Chine). L’originalité de Redissi consiste à passer en revue les éléments de cette exception (religieuse, politique, économique, sociale, culturelle) pour montrer où elle se fixe (par exemple, dans la forme presque toujours autoritaire du politique, ou dans les formes patrimoniales de l’économie dominée par la rente et non par le travail…). Surtout, il met en lumière une ‘erreur’ qui traverse l’islam depuis le début : l’idée que l’islam n’a aucun problème avec la raison et la rationalité scientifique, l’idée aussi que l’islam est laïc par définition, qu’il se concilie sans peine avec l’économie moderne, la démocratie, etc. Il y a là un point aveugle, sur lequel même les réformistes n’ont guère été lucides, car les ruptures nécessaires, par exemple la séparation de la religion et de l’État, ne s’accommodent guère de ces visions conciliatoires, qui n’aboutissent qu’à des demimesures, et même à une absence de mesures politiques. Faute de payer le prix de la modernisation, les pays d’islam végètent dans des semi-modernités, où, en dernière instance, le religieux a toujours le dernier mot et fait peser sa chape sur les sociétés et les individus musulmans.

Les autorités ont annoncé avoir effectué le rituel islamique et procédé à un enterrement adéquat lundi entre 5h10 GMT et 6h00 GMT. Nous affirmons que cela a été effectué en accord avec les pratiques et les traditions islamiques. Les traditions ont-elles été réellement respectées pour Oussama ben Laden? Quelles peuvent être les conséquences de cet acte dans le monde musulman? C’est un «état transitoire», obligé, vers la «vraie vie», la «vie dernière». Puis quand vient leur terme, ils ne pourront ni la retarder d’une heure ni l’avancer.

Dans l’islam, l’enterrement est dû à tout être humain indépendamment de sa religion. Le corps du défunt doit d’abord être lavé, la tête dirigée vers la Mecque avant d’être enveloppé dans un linceul blanc. La grande ablution commence par le côté droit, précise Reda Benelhani des pompes funèbres musulmanes Rahma, et finit par le gauche. Elle concerne l’ensemble du corps à l’exception de la tête et des pieds, qui sont lavés lors de la petite ablution.

Le corps est ensuite enveloppé dans des pièces de tissu, au minimum trois pour un homme et cinq pour une femme. Celui qui lave un croyant et n’en dévoile rien, Dieu lui pardonnera quarante fois. Celui qui aura creusé la tombe pour un croyant et l’y introduit, aura la même récompense que s’il l’avait abrité jusqu’au Jour de la Résurrection. Et celui qui l’aura mis dans un linceul, Dieu le revêtira au Jour de la Résurrection d’habits de soie fine et de brocarts du Paradis. L’enterrement doit être effectué le plus rapidement possible, au maximum 24 heures après le décès.

Or certaines législations ne le permettent pas. Dans le cas d’Oussama ben Laden, la Maison Blanche n’a pas encore fait de communiqué officiel, mais un officier a raconté que le rituel islamique avait été respecté et qu’un responsable militaire avait lu une prière traduite en arabe. L’enterrement peut se faire de jour comme de nuit. Le cercueil n’est utilisé que pour la marche funèbre, de la mosquée au cimetière. On place le mort dans sa tombe sur son côté droit le visage tourné vers la Ka’aba .