La création littéraire dans le contexte de l’exiguïté PDF

Alexandre Soljenitsyne publié en 1973 à Paris. L’Archipel du Goulag traite du système la création littéraire dans le contexte de l’exiguïté PDF et de travail forcé mis en place en Union soviétique.


1958 à 1967 dans la clandestinité, l’ouvrage ne se veut ni une histoire du goulag ni une autobiographie, mais le porte-parole des victimes des goulags : il est écrit à partir de 227 témoignages de prisonniers ainsi que de l’expérience de l’auteur. Travaillant dans le plus grand secret pour éviter que les autorités n’interrompent son projet, Soljenitsyne commença la rédaction de son livre dès la fin de sa peine au goulag comme prisonnier politique. Il le fit publier à l’étranger en 1973 après que le KGB eut confisqué une copie de son manuscrit. Comment découvre-t-on cet archipel longtemps secret, le Goulag ?

Pourquoi les victimes de ces arrestations n’ont-elles pas résisté ? Tout simplement parce qu’elles étaient innocentes et que rien ne les prédisposait donc à résister. Il fallait remplir des normes, des quotas d’arrestations, et n’importe qui pouvait être alors arrêté en fonction de circonstances fortuites. C’est lui-même qui dut indiquer aux policiers le chemin vers la Loubianka ! Soljenitsyne aborde ensuite l’histoire des flots qui ont rempli le Goulag selon le principe des petits ruisseaux qui font les grandes rivières et qu’il appelle les canalisations. Auparavant, il y a eu des koulaks, ces quinze millions de paysans déportés en 1929-1930.

Plus tard, au sortir de la guerre, en 1944-1946, ce seront des nations entières ainsi que des millions de prisonniers de guerre soviétiques qui connaîtront un sort similaire. Mais quand tout cela a-t-il commencé ? Dès 1919, la menace de mort avec le pistolet sur la table était le principal procédé utilisé. La torture devint également courante, l’aveu de l’accusé devenant alors la meilleure des preuves. Il ne suffit cependant pas à l’accusé de s’avouer coupable, il doit également livrer le nom de ses complices supposés. Dans l’état de confusion où il se trouve, l’accusé essaiera de protéger ses amis déjà repérés par l’instructeur, mais le moindre propos sera alors retraduit par ce commissaire de façon à permettre une nouvelle inculpation. Les liserés bleus étaient ceux des uniformes des agents du NKVD.

C’est à eux que s’attache ce chapitre, c’est leur mentalité que Soljénitsyne entreprend à présent de décrire. C’étaient les fonctionnaires d’une machine qui devait traiter une certaine quantité d’individus, et non pas rechercher la vérité. Aussi, ils étaient animés non pas par la compassion mais par la hargne et la rancœur à l’égard de ces prisonniers obstinés qui refusaient d’avouer des fautes imaginaires ! Deux raisons essentielles motivaient leurs actions : l’instinct du pouvoir et celui du lucre. Le pouvoir grisait ces fonctionnaires, car ils étaient craints de tous et partout.