La ferveur de vivre PDF

Depuis sept mois, le pape n’a cessé de dessiner les contours d’une révolution dans la façon d’exercer le la ferveur de vivre PDF, qui touche en particulier les prêtres et les évêques. Mais la réforme en vue ne vise pas que la curie. Elle va se déployer tous azimuts, de la base au sommet.


C’est le retour d’un Jacques Salomé apaisé, qui porte sur la vie le regard d’un homme d’expérience, en mêlant celle-ci à la sagesse apportée par l’âge. En cela, ce livre se révèle fondamentalement novateur et original. En une cinquantaine de courts chapitres, il revisite des thèmes qui nous concernent tous : le fait que nos vies soient traversées en permanence par des crises à résoudre, qu’il faut savoir dire oui ou non, construire la confiance en soi et lutter contre les autosabotages à répétition, que la communication entre les êtres est thérapeutique, qu’il faut apprendre à vivre en couple accordé plutôt que désaccordé, savoir gérer mieux les messages positifs et négatifs, que changer c’est oser se mettre au monde chaque jour, qu’il faut avoir foi en la vie au-delà des chaos annoncés, qu’il faut vieillir sans se presser car le meilleur cadeau à faire, à tout âge, reste d’offrir du temps ! Une grande méditation sur différents aspects de l’existence avec un regard serein et créatif qui prouve qu’une bonne vie se mérite et se construit.

En finir avec le cléricalisme Cardinal-archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio ne cachait déjà pas sa détestation du cléricalisme, fustigeant les abus de pouvoir des prêtres, soit par ingérence dans la liberté des personnes, soit par excès d’autoritarisme. Depuis sept mois, à plusieurs reprises, le pape a vitupéré les prêtres et leur tendance à gérer l’accès aux sacrements avec une « mentalité de douaniers » et les appelle à « prendre l’odeur de leurs brebis ». Sortir sur la frontière La sacristie, c’est fini. Le pape veut une révolution culturelle qui touche tout le monde, celle d’une Église missionnaire, tournée vers les périphéries existentielles, et non plus « autoréférentielle ».

La priorité est donc le « dialogue avec la frontière ». L’anticléricalisme du pape n’est donc pas la négation du sacerdoce ministériel, mais sa conversion : « La chose dont a le plus besoin l’Église aujourd’hui c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille. François appelle à aller vers ceux qui se sentent rejetés et refuse la focalisation sur les questions liées aux mœurs ou à la sexualité.

Le pape ajoute : « Il y a des normes et des préceptes secondaires de l’Église qui ont été efficaces en leur temps, mais qui aujourd’hui ont perdu leur valeur ou leur signification. Révolutionner la gouvernance Lors du conclave, la réforme de la curie romaine est apparue comme la priorité des priorités, et les cardinaux ont élu Bergoglio sur sa capacité à faire le boulot. Pastor bonus, qui régit la curie. Rome, l’heure est aux rumeurs, dans l’attente de décisions concrètes.

La secrétairerie d’État, qui avait tout verrouillé sous Benoît XVI, se verrait recentrée sur sa mission diplomatique. On parle aussi de la création d’un modérateur de la curie, dont le rôle serait d’assumer une coordination générale. L’important est moins de refondre la structure que de se débarrasser de certains incompétents », explique tranquillement un proche du pape. La réforme de la curie n’est pas que structurelle, car le pape veut véritablement insuffler un nouvel esprit, comme en témoigne ce passage remarqué de son interview aux revues jésuites : « C’est impressionnant de voir les dénonciations pour manque d’orthodoxie qui arrivent à Rome ! De fait, ces cas se traitent mieux sur place.

Réinstaurer la collégialité Le partage du pouvoir est l’autre grande attente de la base. Je crois que la consultation est essentielle. Les consistoires, les synodes sont, par exemple, des lieux importants pour rendre vraie et active cette consultation. Il est cependant nécessaire de les rendre moins rigides dans la forme.

Je veux des consultations réelles, pas formelles. Reconnaître les laïcs La dynamique actuelle devrait impliquer davantage les non-clercs. En juillet, le pape a créé une commission chargée d’un audit administratif et financier, composée majoritairement de laïcs. Le G8 des cardinaux planche sur la question d’une meilleure reconnaissance des laïcs. Le conseil pontifical pour les laïcs serait promu en « congrégation » romaine, comme il y en a pour les prêtres et les évêques. Parler en direct au peuple « La prophétie fait du bruit, on pourrait dire qu’elle sème la pagaille.

Cet aveu du pape permet d’éclairer son art contre-clérical de court-circuiter les médiations ecclésiales. Le pape a gagné ainsi une extraordinaire popularité dans les médias profanes pour sa liberté de ton. Repenser la fonction pontificale C’est la pointe de l’anticléricalisme papal : depuis le soir même de son élection, François insiste sur sa qualité d’évêque de Rome. Il a réduit au minimum ses atours pontificaux : chaussures noires, valise de curé, croix pectorale, voiture banalisée. Ses gestes crédibilisent son discours sur la pauvreté de l’Église et tendent à réformer l’ensemble du système « prêtre-évêque-pape » vers le dépouillement. Dénouer les nœuds Dans le droit fil de son ambition d’une Église miséricordieuse, la pastorale des gens « hors des clous » est primordiale, comme celle des homosexuels ou des couples non mariés et des divorcés remariés. Ce dernier dossier, que le pape veut traiter dans le cadre du chantier plus vaste de la pastorale familiale, a été mis au menu du G8 des cardinaux.

Le pape a-t-il le pouvoir de changer l’Eglise ? Rendez-vous samedi 12 octobre aux Etats généraux du christianisme, à Lyon, pour débattre de ce sujet. Retrouvez notre dossier complet sur le pape et la réforme de l’Eglise dans le numéro 3554 de La Vie, disponible en version numérique dès mercredi après-midi et en kiosque dès jeudi. Le pape a-t-il le pouvoir de changer l’Eglise ? Bientôt un organisme permanent pour les laïcs au Vatican ? Le pape à la Reppublica: une « vraie-fausse interview »?