Les historiens et la monarchie. 1 – Jean Mabillon PDF

L’église abbatiale depuis la les historiens et la monarchie. 1 – Jean Mabillon PDF Saint-Germain-des-Prés. Childebert Ier et l’évêque de Paris, saint Germain, sous le vocable de Saint-Vincent et Sainte-Croix. C’est une abbaye royale, qui bénéficie donc d’une exemption et est directement soumise au pape.


La première église abbatiale est consacrée le 23 avril 558 à la sainte Croix et à saint Vincent de Saragosse. Les quatre premiers niveaux du clocher occidental, la nef et le transept de l’église actuelle remontent à cette époque, et l’on peut notamment y voir d’intéressants chapiteaux d’autour de l’an mil. C’est l’un des premiers édifices gothiques, qui contribue à la diffusion de ce nouveau style et est de toute première importance sur le plan archéologique. L’instauration de la réforme mauriste en 1630 fait de l’abbaye un centre de l’érudition d’un grand rayonnement. L’église Saint-Germain-des-Prés est la plus ancienne des grandes églises parisiennes, et au centre de la vie d’une paroisse vivante et dynamique.

Le roi Childebert Ier, fondateur de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Provient du trumeau de la porte du réfectoire de l’abbaye. Avant la fondation de l’abbaye, il existait déjà à l’époque romaine, un temple probablement dédié à Isis, alors appelé Locotice, qui assurait l’immortalité aux initiés. Saint-Germain fut associé à celui de Saint-Vincent.

En 756, en présence de Pépin le Bref et de son fils Charles, futur Charlemagne, le corps de saint Germain est transféré de la chapelle Saint-Symphorien dans l’église même, derrière l’autel principal, en raison de l’affluence des pèlerins qui venaient lui rendre hommage. L’église est désormais uniquement connue comme Saint-Germain-des-Prés. Mais en 861, un incendie détruit l’abbatiale. Les reliques de Saint-Germain, mises plusieurs fois à l’abri des murailles de Paris, retrouvent leur place en 888. Diplôme du roi de France, Robert II le Pieux, par lequel il restitue à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés des biens jusqu’ici détenus injustement par le comte Dreu, son avoué. Les études dendrochronologiques de la charpente de la nef ont donné une date d’abattage des bois comprise entre 1018 et 1038.

Cette période de construction de la nef est confirmée en rapprochant sa réalisation d’ensembles sculptés comme la tour-porche de l’abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire. Cette construction a dû être largement commandité par Robert II le Pieux. Donation à l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés par le roi de France Philippe II Auguste d’une poterne des murs de Paris, 1209, Archives nationales de France. En 1418 la porte de Bucy est livrée au parti des Bourguignons. La peste sévit en ville en 1561, le roi Charles IX, sa mère Catherine de Médicis et la cour trouvèrent refuge en l’abbaye. Henri IV s’empara à deux reprises de l’abbaye pour en faire son observatoire sur Paris en 1590, l’abbé fit partie de ceux qui aidèrent à la conversion du futur roi. 1631, l’abbaye devient l’un des principaux centres intellectuels de France : c’est la date à laquelle la congrégation de Saint-Maur fait de Saint-Germain-des-Prés son abbaye-mère.

Guillaume-Egon de Fürstenberg devient abbé de Saint-Germain-des-Prés en 1697 jusqu’à son décès à l’âge de 74 ans le 10 avril 1704. Plan de 1723 par dom Bouillart. Clermont, prince du sang, cousin germain et filleul de Louis XV. Thiard, cardinal de Bissy, évêque de Meaux, devient abbé commendataire. On se porte en priorité sur les restaurations et remaniements intérieurs du palais abbatial. Il modifia enfin la totalité de la distribution des étages, rebâtit entièrement le logis en retour, à droite, sur la cour principale et ravala la totalité des façades et souches de cheminées.

Le palais connaitra une nouvelle restauration radicale en 1978 par l’architecte Raymond Simounet. Commencés en 1737, les travaux sur la manse abbatiale furent achevés en 1741. Clermont en 1771, Louis XV, suivant son droit de régale, décida de ne pas nommer de nouvel abbé. Il se réserva les revenus de l’abbaye et confia la gestion de ses biens à son administration des Économats.

Le peuple délivrant les gardes françaises à l’abbaye St-Germain, le 30 juin 1789 par Pierre-Gabriel Berthault, Paris, musée Carnavalet. 13 février 1792 et les bâtiments monastiques sont vendus comme Bien national par adjudication à M. Ledoux pour la somme de 8 120 Livres. Le 19 août 1794, douze tonnes de poudres entreposées en l’abbaye explosent et y boutent le feu, l’œuvre de Pierre de Montereau est détruite ainsi que le cabinet des antiquités et la bibliothèque mais les livres sont sauvés. La chapelle de la Vierge est rendue au culte par un décret du 31 mai 1795 mais l’église ne l’est qu’en 1803 de par la destruction de la chapelle en 1802. Transept, vue vers l’est dans le chœur. Mise à mal par deux assauts normands en 863 et pendant le siège de Paris en 885-887 par les Danois, l’abbaye a dû être réparée.

Selon les textes connus, aucune reconstruction n’est entreprise dans l’immédiat. Morard, abbé de 990 à 1014, qui d’après le continuateur de la chronique d’Aimoin de Fleury rebâtit l’église depuis ses fondations, et fait construire une tour avec une cloche ainsi que plusieurs autres bâtiments. Vers 1140, le chœur paraît trop exigu. L’abbé Hugues, qui est un ancien moine de l’abbaye Saint-Denis qui connaît Suger et ses travaux pour reconstruire la basilique Saint-Denis, fait démolir le chœur pour le remplacer par une construction beaucoup plus vaste, plus large et plus profonde. Les clochers encadrant le chœur seront arasés en 1822. Ce ne sont pas encore les voûtes actuelles. Sous l’abbé Richard entre 1361 et 1387, le monastère est fortifié, et un accident nécessite des réparations, dont l’église ne garde cependant aucune trace.