Les mots de la démocratie au Congo-Zaïre (1990-1997) PDF

Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. En pratique : Quelles sources sont attendues ? Le Zaïre était le nom porté par l’actuelle république démocratique du Congo sous la Deuxième République, entre 1971 et 1997. Les rébellions et incertitudes quant au détenteur du pouvoir se succédèrent jusqu’en 1965, date à laquelle le lieutenant général Joseph Mobutu, alors commandant en chef de l’armée, prit le contrôle les mots de la démocratie au Congo-Zaïre (1990-1997) PDF pays et s’autoproclama président pour 5 années.


En 1990, le Congo-Zaïre s’engageait comme beaucoup d’autres pays africains dans un processus de démocratisation dont le point d’orgue fut la tenue d’une  » Conférence Nationale Souveraine  » (CNS), suivie de la mise en place d’institutions transitoires. Le tout fut balayé en mai 1997 par une  » rébellion  » armée venue de l’Est, et le pays fut rebaptisé  » République Démocratique du Congo « . Si cette première  » transition  » a accouché d’une souris, le discours politique en vigueur entre 1990 et 1997 témoigne au départ d’une réelle ouverture, à travers la liberté d’expression marquant la libération de la parole zaïroise si longtemps muselée. Le pouvoir mobutiste s’étant remis en selle, le discours s’est aussitôt enrayé côté classe politique. Les  » mots de la démocratie  » sont donc à rechercher plutôt du côté des médiateurs des revendications populaires et porte-parole de la vox populi, qu’ils soient hommes d’Eglise, animateurs de la société civile, écrivains ou artistes… Il s’agit là d’un nouveau registre langagier, également étudié ici. L’analyse du discours constitue ainsi une nouvelle approche de la Transition zaïroise ; et elle ouvre, plus globalement, d’autres perspectives dans l’étude des évolutions politiques africaines.

Il consolida rapidement son pouvoir et fut bientôt élu président à l’issue d’un scrutin sans opposition. Rétrospectivement, Mobutu justifia la coupure intervenue en 1965, par un bilan de la Première République établi en ces termes : « chaos, désordre, négligence, et incompétence. Le rejet de la légitimité de la Première République allait au-delà des mots. Au cours des deux premières années de son existence, le nouveau régime mit ses priorités sur les tâches de reconstruction et de consolidation politique. Depuis 1965, Mobutu Sese Seko a dominé la vie politique du Zaïre, restructurant l’État à diverses occasions, et se donnant le titre de  Père de la Nation . Mobutu est né dans la ville de Lisala à proximité du Congo, le 4 octobre 1930.

Mobutu se référait constamment à ses origines modestes et à la renommée de son oncle, un guerrier et astrologue du village de Gbadolite. Bien que né sous le nom de Joseph-Désiré Mobutu, il était également appelé du nom de son grand-oncle, Sese Seko Kuku Ngbendu wa za Banga, ce qui, selon certains, signifie  grand guerrier conquérant, qui va de triomphe en triomphe. Mobutu, qui passe quatre années à l’école primaire de Léopoldville, prend sept années pour atteindre le diplôme d’enseignement secondaire, fréquentant différentes écoles. Il a de fréquents conflits avec les missionnaires catholiques des écoles qu’il fréquenta. Il en est définitivement renvoyé en 1950 à l’âge de 19 ans. Le service militaire est crucial dans la carrière de Mobutu. Contrairement à d’autres militaires, il maîtrisait très bien le français, ce qui lui valut rapidement un emploi de bureau.

En novembre 1950, il fut envoyé à l’école pour officiers congolais, où il fit la connaissance de nombre des militaires qui devaient assurer le contrôle de l’armée après le départ des officiers belges à l’indépendance. Mobutu retourne à la vie civile alors que la possibilité d’une décolonisation se faisait jour. Ses articles de journal attirèrent l’attention de Pierre Davister, éditeur belge du journal L’Avenir. Mobutu acquit une visibilité parmi l’élite africaine émergente à Léopoldville.

Seule une barrière lui restait fermée pour l’obtention d’un statut dans la société coloniale : la reconnaissance complète en tant qu’évolué dépendait de l’approbation des autorités catholiques. Celles-ci lui refusant cette reconnaissance, il la rejettera par la suite. Au cours des années 1959-60, les jeunes Congolais politiquement ambitieux s’affairaient à monter des réseaux et des alliances. La résidence de Mobutu en Belgique lui épargna nombre des difficultés auxquelles d’autres étaient confrontés, qui se contentaient de relations locales et ethniques. Mobutu croisa par ailleurs la route de Patrice Lumumba, lorsqu’il arriva à Bruxelles. Au cours de la période cruciale de juillet-août 1960, Mobutu construisit « son » armée nationale en liant des alliances extérieures avec les unités qui lui étaient acquises, en exilant les autres unités en des régions reculées, et en absorbant ou dissolvant les unités rivales.