Lettres de Lord Chesterfield à son fils à Paris : 1750-1752 PDF

Portrait présumé de Madame de Tencin âgée d’après Joseph Aved. Après vingt-deux lettres de Lord Chesterfield à son fils à Paris : 1750-1752 PDF passées de force au couvent, elle s’installe à Paris en 1711 et est introduite dans les milieux du pouvoir par ses liens avec le cardinal Dubois. D’abord essentiellement consacré à la politique et à la finance avec les spéculateurs de la banque de Law, ce salon devient à partir de 1733 un centre littéraire. Madame de Tencin a publié aussi avec succès quelques romans dont les Mémoires du comte de Comminge en 1735, Le Siège de Calais, nouvelle historique en 1739 et Les Malheurs de l’amour en 1747.


Les grands seigneurs, notamment ceux du XVIIIe siècle, passent pour d’exécrables pères de famille. Philip Dormer Stanhope, quatrième Earl of Chesterfield (1694-1773), l’auteur des Lettres que l’on va lire, est le type même du grand seigneur du XVIIIe siècle. Le libertinage de ses moeurs, le wit qui le faisait redouter à Londres et estimer de Swift et de Voltaire, semblent bien peu propices à l’amour paternel et à la persévérance préceptorale. Et cependant, c’est le père, c’est le précepteur qui, chez Lord Chesterfield, ont prévalu dans sa renommée posthume sur l’homme du monde désinvolte et sur l’homme d’esprit. Un an après sa mort, en 1774, paraissait l’ouvrage qui a fait de lui, peut-être contre son gré, un classique de la littérature anglaise : les lettres qu’il avait adressées à son fils Philip depuis 1737 (c’était alors un enfant de cinq ans) jusqu’en 1768 (Philip mourut cette année-là, cinq ans avant son père). Jamais père ne s’est montré précepteur aussi affectueux et prévoyant que ce lord qui passait pour blasé et sec. Jamais fils n’a été guidé, suivi, accompagné, endoctriné, conseillé, enseigné, morigéné, avec plus de douceur patiente et de vigilance que ce fils de lord. Seul l’Emile de Rousseau, mais c’est un être de fiction, a été éduqué avec autant d’intelligence et d’amour. (Marc Fumaroli)

La vie publique de Claudine-Alexandrine Guérin de Tencin, baronne de Saint-Martin de l’Isle de Ré, est bien connue par les six biographies importantes qui lui ont été consacrées. Parlement du Dauphiné puis premier président au Sénat de Chambéry lors de l’occupation de la Savoie par la France. Sa mère est Louise de Buffévent. Le quadrisaïeul de la famille, Pierre Guérin, issu d’une famille travaillant la terre près de Gap, à Ceillac, était simple colporteur. La trentaine venue, il vint s’établir en 1520 à Romans dans le Dauphiné. S’étant enrichi, il put acquérir une terre à Monteux, prendre de moitié l’entreprise des péages par eau et par terre de Valence et de Mirmande et, ainsi, envoyer ses deux enfants, Pierre et Antoine, à l’Université. Son fils, Henri-Antoine Guérin, en 1597, sauva une deuxième fois la ville en empêchant par une action héroïque qu’elle ne soit livrée, par des traîtres, au duc de Savoie.