Pierre Beghin : L’homme de tête PDF

Brigitte Dewèvre, une fille de mineur âgée de quinze ans et demi. La veille au soir, le 5 avril, elle est partie pierre Beghin : L’homme de tête PDF 19 h 30 pour aller dormir chez sa grand-mère et a disparu.


Lorsqu’il disparaît à 41 ans dans la face sud de l’Annapurna, à l’automne 1992, sous les yeux de son compagnon de cordée, le tout jeune Lafaille, Pierre Beghin est le plus important des himalayistes français. Pourtant, le grand public ne le connaît pas. Formé à la dure école de Fontainebleau et du Vercors, il accumule discrètement, dans les années 1970, les premières dans les grandes faces alpines, souvent en hiver, parfois en solo, des Grandes Jorasses à l’Ailefroide.

Dans les années 1980, devenu un ingénieur chercheur reconnu à international pour ses travaux sur les avalanches, il enchaîne les expéditions. Il est alors le chantre des expéditions légères et du style alpin, sur les traces de Messner. Ambitieux, élégant, novateur et doté d’une éthique rigoureuse, il ne s’attaque en Himalaya qu’à des objectifs de grande classe, des faces vierges, inconnues, loin des voies normales et des médias.

Pierre Beghin sera le troisième homme à gravir un sommet de plus de 8000 mètres en solo, le Kangchenjunga, et réussira un autre solo ahurissant, le Makalu, par un itinéraire très ardu. Il donnera également son nom à plusieurs itinéraires majeurs sur les grands sommets himalayens, notamment au K2 et au Manaslu.

François Carrel. Il débute son parcours de journaliste à Bucarest puis à Paris avant de rejoindre en 2000 ses Alpes natales. Depuis Grenoble, il enchaîne reportages et enquêtes dans les Alpes et aux quatre coins du monde, avec une affection particulière pour l’Himalaya.
Il a régulièrement publié dans Libération, Montagnes Magazine, Alpes Magazine, GQ, La Montagne et Alpinisme, L’Équipe Mag, entre autres. Pierre Beghin, l’homme de tête est son premier livre.

Brigitte a été aperçue pour la dernière fois vers 19 h 45, en conversation avec un inconnu à col roulé. Les témoins font état de la présence d’une Peugeot 504 mal garée à proximité du lieu du meurtre. Il est inculpé le 13 avril, après une semaine, pour homicide volontaire et est incarcéré. Le juge invoque  un faisceau de présomptions graves et concordantes , qui naissent selon lui des explications évasives de l’intéressé quant à son alibi et de sa présence aux alentours des lieux du crime au moment des faits. L’inculpé nie avec constance et, malgré un examen minutieux de tous les éléments pouvant l’incriminer, le juge Pascal ne parvient pas à trouver de preuve, si bien que le 30 juin les avocats de la défense déposent une requête en suspicion légitime à son encontre.

Le 12 juillet, Pascal procède à une seconde reconstitution avec l’ensemble des témoins qui ne reconnaissent pas officiellement les accusés. Il est activement soutenu par la presse d’extrême gauche. Les maoïstes de la Gauche prolétarienne sont présents. François Ewald et Serge July dirigent les opérations sur place et mettent en place une agence de presse locale. Le 20 juillet, sur décision de la Cour de cassation, les avocats de Pierre Leroy obtiennent le dessaisissement du juge Pascal.