Pratiques de la parodie et du pastiche au cinéma PDF

Touche pas à pratiques de la parodie et du pastiche au cinéma PDF femme blanche ! Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.


Cet ouvrage s’attache à explorer la parodie et le pastiche cinématographiques. Il s’agit de soulever les enjeux esthétiques de ces notions, à travers leurs usages parfois contradictoires et une prise en compte de leurs différentes caractéristiques et pratiques, en terme de création mais aussi de réception. De nombreuses analyses de films révèlent les multiples formes de la parodie et du pastiche cinématographiques.

Touche pas à la femme blanche ! Titre : Touche pas à la femme blanche ! Titre italien : Non toccare la donna bianca ! Daniele Dublino : un représentant du gouvernement.

Le film précédent de Marco Ferreri, La Grande Bouffe, sorti en salles en 1973, un an avant Touche pas à la femme blanche ! Il avait été coproduit, entre autres, par le célèbre et controversé producteur Jean-Pierre Rassam et par Ferreri lui-même. Il se tourna donc à nouveau vers lui, pour produire Touche pas à la femme blanche ! Dès sa sortie en salles, en 1974, le film fut un échec et Ferreri aurait alors prononcé ces mots :  Pour moi c’est un succès ! Marcello Mastroianni y joue l’un de premiers rôles en incarnant le  colonel Custer . Philippe Noiret campe un général timoré mais ambitieux et vénal.

Bien qu’enchaînant diverses maladies tout au long du film — souvent alité à l’écran et dans un pyjama d’une pièce d’un effet comique assuré —, il incarne le cynisme militaire et politique. Ugo Tognazzi a un rôle de traître : il est Mitch, l’éclaireur indien du colonel Custer. C’est à lui que Custer adresse la réplique  ne touche pas à la femme blanche  qui donne son titre au film. Michel Piccoli campe un Buffalo Bill burlesque, extravagant et grotesque. Vantant ses nombreux exploits, notamment contre les troupeaux de bisons, il est censé rendre la guerre contre les indiens populaire, par médias interposés, éclipsant Custer et le faisant enrager de se faire voler la vedette.

Catherine Deneuve alias Marie-Hélène de Boismonfrais, une dame patronnesse infirmière, incarne une beauté ingénue et sensuelle, amoureuse de Custer, sans cesse apeurée par les indiens dont elle ne voit que les stéréotypes. Serge Reggiani fait une prestation spectaculaire en indien, aussi sage que fou. Il est comme le bouffon du théâtre classique par qui la vérité est dite. Darry Cowl joue un vétérinaire qui a trouvé une méthode révolutionnaire pour empailler les indiens afin de pourvoir les exposer morts auprès du public. Il procède à cette tâche avec l’aide d’enfants. Catherine Deneuve s’aventurer dans de telles expériences cinématographiques.

Là où La Grande Bouffe bien que provoquant le spectateur, se déroulait à l’époque contemporaine avec une trame narrative somme toute classique, Touche Pas à la femme blanche ! Halles, dont on aperçoit parfois les travaux sur les immeubles alentours et les engins de terrassement, l’histoire se déroule pourtant au temps de la conquête de l’Ouest américain. Dès l’une des premières scènes, le ton est posé : on voit le général Custer, en costume d’époque, arriver par un train électrique dans une grande gare parisienne où les figurants sont habillés selon la mode contemporaine. Parce que selon moi nous vivons dans un climat de western. Parce que le western a toujours été l’énorme piège dans lequel nous sommes tombés depuis l’enfance. Le western exprime de manière simple et élémentaire les concepts de Dieu, Patrie et Famille.

Moi, je reprends ces concepts et je les fais éclater par le rire. Les Halles sont le western, elles sont un décor de western. Ce n’est pas l’Arizona qui fait le western, le western ce sont aussi les idées. Le film fait ouvertement allusion à des évènements de l’époque, comme le scandale du Watergate : l’on peut voir le portrait de Nixon à de nombreuses reprises dans le film. Ferreri avait également mis en avant le talent d’imitateur de Tognazzi dans La Grande Bouffe lorsqu’il pastiche Marlon Brando dans le rôle du Parrain. Dizionario dei film 2002, 2 vol.