Quel futur pour les métaux ? : Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société PDF

Quel futur pour les métaux ? : Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société PDF-il prendre l’effondrement au sérieux ? Image : La table périodique des éléments selon leur abondance.


Les métaux, ressources minérales naturelles non renouvelables, sont à la base de notre civilisation industrielle. Moins médiatique que te changement climatique ou les enjeux énergétiques, leur raréfaction sera pourtant un des défis majeurs du 21e siècle : notre modèle de développement, qui repose sur la croissance économique et un accroissement continu du prélèvement des ressources, se heurte à la finitude de la planète. C’est ce thème qu’a choisi de traiter un groupe d’ingénieurs de l’association des centraliens sous la direction de Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon. A l’issue d’une analyse approfondie et documentée, prenant en compte les enjeux techniques, économiques, sociaux et environnementaux de la raréfaction des métaux, les auteurs mettent à mal les mythes de l’abondance, de la croissance verte et d’une technologie forcément salvatrice. Ils posent aussi les limites d’une économie circulaire fondée sur le recyclage généralisé. Ecrit dans un langage accessible à tous, composé d’un texte principal complété d’une trentaine d’études couvrant des secteurs d’activité, métaux et thèmes transversaux, cet ouvrage est conçu pour répondre aux questions de tous ceux qui veulent comprendre le futur des métaux.

L’insoluble équation des ressources C’est ce qu’explique l’ingénieur Philippe Bihouix, spécialiste de la finitude des ressources, dans son livre, L’âge des low tech. Ressource après ressource, dans son livre, Bihouix égraine l’état de décomposition des stocks. Après avoir exploité les ressources les plus concentrées, nous sommes amenés à exploiter des ressources de moins en moins concentrées et donc de plus en plus difficiles à extraire et qui nécessitent de plus en plus d’énergie pour être transformées. Le problème est que nous avons  commencé à taper dans le stock qui était le plus facilement exploitable, le plus riche, le plus concentré . Pour continuer à trouver des ressources, il faudra demain creuser plus profond, extraire un minerai de moindre qualité, et surtout dépenser plus d’énergie par tonne de métal produite. L’extraction n’est limitée que par le prix que nous serons capables de payer pour obtenir tel ou tel minerai.

Vidéo : Arte proposait récemment un excellent reportage sur la disparition du sable qui illustre parfaitement, par l’exemple, les enjeux de la raréfaction des ressources, sur une matière première qui, quand on l’observe depuis n’importe quelle plage du monde, semble pourtant inépuisable. Le mythe de la croissance verte Pour Philippe Bihouix, cette conjonction change la donne. Pour cela, il faudrait que nous changions notre façon de produire et consommer ces ressources. Or, nous utilisons de plus en plus ces minerais et ressources dans des usages dispersifs qui rendent leur recyclage impossible. Monter les taux de recyclage est donc une affaire très compliquée, qui ne se limite pas à la faculté de collecter les produits en fin de vie et de les intégrer dans une chaîne de traitement.

Dans de nombreux cas, il serait nécessaire de revoir en profondeur la conception même des objets, tant pour les composants utilisés que pour les matières premières même. Les technologies que nous espérons salvatrices ne font qu’ajouter à ces difficultés. Car les nouvelles technologies vertes sont généralement basées sur des nouvelles technologies, des métaux moins répandus et contribuent à la complexité des produits, donc à la difficulté du recyclage , explique le spécialiste en prenant plusieurs exemples. Et l’ingénieur d’enterrer sous les chiffres la généralisation des énergies renouvelables à grande échelle. Comme il le dit dans son article :  Il n’y a pas de loi de Moore dans le monde physique de l’énergie . Et encore, l’ingénieur n’évoque pas l’effet rebond et le paradoxe de Jevons qui nous conduisent à l’emballement des besoins.