Repenser le fonds local et régional en bibliothèque PDF

Assemblée nationale a inscrit à son programme de travail, à la demande du groupe Les Républicains, une évaluation de l’action de l’État dans l’exercice de trois de ses missions centrales en Seine-Saint-Denis. C’est la première fois dans l’histoire parlementaire qu’repenser le fonds local et régional en bibliothèque PDF mission d’évaluation est réalisée sur un territoire donné. Il est en effet très vite apparu qu’une approche territorialisée de l’évaluation permet de rendre compte, de manière fine, des spécificités d’un territoire et de l’adéquation des moyens d’action de la puissance publique à ces mêmes spécificités. Les territoires, terreaux des politiques publiques, ont fait l’objet, sous tous les gouvernements successifs, de nombreux plans d’actions et de stratégies.


Les collections locales et régionales font partie des fonds de toutes les bibliothèques publiques, depuis le rayonnage consacré à l’histoire et aux publications locales jusqu’aux services spécialisés des grands établissements. Pluralité culturelle, mémoires, frontières ? Fait local, collecte, coopération ? A l’heure où le contenu de la documentation régionale se diversifie, les notions traditionnelles de politique documentaire et de médiation des collections sont revues : bande dessinée, musique, cinéma, Internet se revendiquent aussi de la culture locale. Le bibliothécaire ne peut plus constituer seul sa collection : la notion même de frontières, inhérente au territoire, incite à l’échange avec le voisinage culturel. La bibliothèque est pleinement un acteur du « fait local » : créatrice d’événements et de mémoire, elle invite la population et les partenaires du territoire à repenser, avec elle, son fonds local. Invitation au voyage ? Le fonds local est l’avenir des bibliothèques ? cet ouvrage collectif propose aux professionnels chargés de l’enrichissement, de la gestion et de la médiation de ces fonds, une ligne de conduite appuyée sur des pratiques exemplaires constatées en France. Au terme d’une quinzaine de contributions définissant une stratégie d’établissement en la matière, Claire Haquet et Bernard Huchet, tous deux conservateurs et respectivement chargés d’un fonds local, proposent un nouveau manifeste : Dix commandements pour repenser le fonds local.

Le choix de la Seine-Saint-Denis pour cette première évaluation parlementaire territorialisée s’est imposé comme une évidence. Le département de la Seine-Saint-Denis est le seul territoire de France que l’on désigne plus volontiers par son identifiant numérologique que par son véritable nom : le 9-3. Comme si deux chiffres pouvaient résumer la complexité de ce territoire. Ce département, contrasté et si souvent stigmatisé, fait office de véritable laboratoire d’étude au regard de son dynamisme et de toutes les problématiques qu’il concentre, et des nombreux efforts impulsés par les politiques publiques pour y remédier.

Les rapporteurs ont retenu trois politiques d’évaluation : l’éducation, la sécurité et la justice. L’évaluation croisée de ces trois domaines d’intervention de l’État permet de faire un état des lieux sur un territoire donné des atouts et des failles de l’action publique propre à chaque politique publique, tout en en soulignant les problématiques communes et les propositions d’amélioration qui en découlent. Au regard de la complexité du territoire, de la vitesse à laquelle il évolue et de la nécessité d’en avoir une compréhension globale, le présent rapport ne peut néanmoins faire l’économie d’un examen des problématiques auxquelles la Seine-Saint-Denis est confrontée, en dehors de l’éducation, de la sécurité et de la justice. On ne trouvera donc pas dans ce rapport un bilan détaillé des trois politiques publiques précitées en Seine-Saint-Denis. L’objectif est tout autre : à travers trois politiques publiques en Seine-Saint-Denis, il s’agit en fait de s’interroger sur l’efficacité de l’action de l’État.

Pour mener cette première évaluation territorialisée, les rapporteurs ont tenu à entendre un grand nombre d’acteurs de terrain, afin de récolter des témoignages concrets des forces et des faiblesses de l’action de l’État en Seine-Saint-Denis. 121 acteurs ont été auditionnés par les rapporteurs. Ces acteurs comprennent à la fois des responsables de terrain dans les trois domaines d’études, des anciens responsables, des chercheurs et des experts. Les rapporteurs tiennent à remercier l’ensemble des acteurs qui ont accepté de leur faire part de leur expérience et de leurs recommandations pour améliorer l’action de l’État en Seine-Saint-Denis, ainsi que ceux qui ont spontanément adressé une contribution écrite. Département jeune, la Seine-Saint-Denis a été créée par la loi du 10 juillet 1964 portant réorganisation de la région parisienne qui a supprimé les trois départements de la Seine pour donner naissance à sept nouveaux départements dans la région Île-de-France. Sur le plan économique, la Seine-Saint-Denis est le nouvel eldorado des grands groupes industriels et de services qui y localisent leur siège social : SNCF, VEOLIA, SFR, GENERALI, BNP PARIBAS, DARTY, UBISOFT.

La proximité de la capitale et de l’aéroport de Roissy, le réseau de transports en commun en plein développement alliés à un foncier abordable expliquent cette dynamique économique. Ce dynamisme démographique, économique et culturel ne saurait pourtant faire oublier les difficultés du territoire et de ses habitants. Seine-Saint-Denis cumule les difficultés économiques, familiales et culturelles, et présente, de ce fait, les risques d’échec scolaire les plus élevés. La population de Seine-Saint-Denis dispose du plus faible niveau de vie de la France métropolitaine. La Seine-Saint-Denis affiche le taux de criminalité pour 1 000 habitants le plus important de France métropolitaine. Le 9-3 est donc un territoire de forts contrastes entre des sièges sociaux flamboyants et une pauvreté réelle, entre une démographie dynamique et jeune et des problèmes sociaux et économiques endémiques. Ne pouvant ignorer les difficultés de ce territoire aux portes de Paris, l’État a mobilisé tous ses leviers d’action publique pour redresser la Seine-Saint-Denis.

La Seine-Saint-Denis est devenue au fil des décennies le territoire par excellence des politiques publiques dites prioritaires. 4 zones de sécurité prioritaire, réparties sur 6 communes, ont été instituées. Ces modes d’intervention publique concentrent sur des territoires aux caractéristiques socio-économiques prédéfinies des moyens humains, financiers et juridiques sans commune mesure avec ceux déployés sur les autres territoires de la République. La raison d’être de ces politiques prioritaires est la conviction que seul un effort massif et intense de l’action publique permettra aux territoires en difficulté de sortir de la spirale négative dans laquelle ils sont enfermés.

Le volontarisme politique affiché est de tous les gouvernements, de toutes les majorités. La nation a engagé un effort sans précédent pour l’égalité des chances, un effort qui est nécessairement de longue haleine, un effort qui porte ses fruits, mais qui ne s’inscrira véritablement dans la réalité de chacun que s’il est poursuivi avec détermination et dans la durée. C’est tout l’enjeu des années qui viennent. Nous déployons des efforts considérables en faveur de la Seine-Saint-Denis. Les dépenses totales de l’État, hors rémunération des fonctionnaires, pour la Seine-Saint-Denis sont en augmentation constante : 4,57 milliards d’euros en 2006, 4,9 milliards en 2007, 5,16 milliards en 2008 et 5,57 milliards en 2009. Seine-Saint-Denis s’impose comme une priorité nationale. L’égalité, c’est aussi le renouvellement urbain : permettre de vivre mieux dans un endroit plus beau, plus économe des ressources naturelles, des ressources rares, dans des endroits qui peuvent être aussi connectés.