Revue internationale de philosophie, n° 191 : L’Idéalisme allemand PDF

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Tirant son titre du monstre biblique, il traite de la formation de l’État et de la souveraineté, comme le montre l’allégorie souvent commentée du frontispice, qui représente le corps de l’État-Léviathan formé des individus qui le composent. Très critique à l’égard de la scolastique, Hobbes est radicalement matérialiste et rationaliste. Cet ouvrage suscite dès sa parution d’intenses controverses, notamment en raison de ses positions sur la religion, que Hobbes considère comme une passion reposant sur la peur de l’inconnu, tout comme les superstitions. Il fait du souverain le dépositaire de la foi et l’interprète autorisé des enseignements bibliques, réduits à un contrat entre Dieu et l’homme. Influencé par Hugo Grotius, l’ouvrage est un classique de la théorie du contrat social et a suscité une vision opposée de la part de Jean-Jacques Rousseau.

Lorsque le Léviathan paraît à Londres en 1651, la vie politique est en plein bouleversement. 1646 et exécuté sur ordre de Cromwell en 1649. En conséquence, quel que soit le type de souveraineté — monarchie, aristocratie, démocratie —, celle-ci n’est effective que si elle détient le pouvoir absolu. Portrait de Thomas Hobbes par David Beck vers 1650. Hobbes rompt également avec la philosophie antique et en particulier la Politique d’Aristote, qui visait à établir l’organisation sociale sur des principes moraux plutôt que sur la réalité des rapports humains, tels que les conçoit Hobbes.

Il met cette méthode en application dans Léviathan, où il commence par poser des définitions fondamentales afin d’élaborer une anthropologie morale et politique. Il attache aussi une grande importance au mouvement, qui permet d’expliquer de nombreux phénomènes non seulement dans la matière mais aussi dans la pensée et les passions, qui sont des mouvements provoqués par notre imagination. L’ouvrage est divisé en quatre parties. La première, intitulée  De l’Homme , explique le fonctionnement des sens et montre que tout ce que nous imaginons dérive de nos perceptions, des signes, de trains de pensées plus ou moins dirigées, de notre mémoire et du langage. La deuxième partie porte sur l’organisation de l’État, dont la responsabilité première est d’assurer la sécurité des citoyens.

Il prévoit les moyens de maintenir la paix sociale, notamment en assurant le plein-emploi. La troisième partie porte sur le rôle de l’Église dans l’État. Hobbes examine le degré de véracité des livres révélés et conclut que la Bible est seule digne de foi en raison des miracles accomplis. Dans la quatrième partie, Hobbes identifie les écueils dans lesquels le public peut tomber par suite d’erreurs d’interprétation de la Bible et de croyances superstitieuses, telles la démonologie et les pratiques païennes.

Loin d’être un simple ornement du livre, le frontispice du Léviathan en est une composante essentielle. La partie supérieure représente des régions vallonnées que domine le torse d’un géant ceint d’une couronne, brandissant une épée dans la main droite et une crosse épiscopale dans la gauche. La soumission de tous à la volonté d’un seul homme, ou d’une assemblée, s’appelle union. Le Léviathan est un monstre évoqué à plusieurs reprises dans la Bible et dont le sens est ici donné par la citation du Livre de Job au sommet de l’image.

Le Léviathan commence par exposer une théorie de la connaissance. Sur le versant ontologique, Hobbes nie qu’il existe un monde des idées ou des formes, comme c’est le cas chez Platon. Une réalité immatérielle, indépendante de notre esprit, est une absurdité. Le langage est le privilège de l’homme : sans lui, il ne pourrait y avoir ni État, ni société, ni contrat, ni paix.