Simone Weil, lectures politiques PDF

Publié vendredi 1 juin 2018 à 18:09, modifié vendredi 1 juin 2018 à 18:45. L’écrivain baroudeur signe Un été avec Homère, livre pénétrant et fugueur, invitation à poursuivre Ulysse. C’est ainsi qu’simone Weil, lectures politiques PDF faut le capturer, l’attraper par le col avant qu’il ne s’envole.


Tous les combats politiques de Simone Weil (dans le syndicalisme ouvrier, aux côtés des Républicains en Espagne, à Londres auprès de la France libre) se sont accompagnés d’une intense activité d’écriture, à la fois tentative d’agir sur la conjoncture politique et travail moral d’accommodation avec le monde. Cette écriture est à l’image d’un engagement impossible et nécessaire : sans illusion mais imposé par l’expérience du déracinement, en particulier dans l’épreuve de la guerre. Les lectures présentées ici, centrées sur les années 1937-1943, suivent les différentes formes que prend une oeuvre écrite au contact du malheur, une écriture en guerre, déchirée et critique.

L’écrivain alpiniste sort à l’instant de la Maison de la radio à Paris. Il était l’invité de Nagui, dans La bande originale, sur France Inter. Il y a parlé de ses équipées helléniques dans le sillage d’Ulysse, d’Achille, d’Hector et de Priam, à qui il a consacré une série d’émissions sur cette même station. J’y retourne, je m’apprête à faire la croisière d’Ulysse, lance Sylvain Tesson, épaules martiales dans un perfecto de motard.

Mais je vais vous raconter cela au café des Ondes. Vous le regardez: il y a du Jack London chez lui, le trait coupant du marin sur la baleinière, la barbe poil de lion, l’œil bleu de Martin Eden et cette gueule cassée qui est sa tranchée à lui, une chute dont il aurait pu ne pas se relever. Le Temps: Etiez-vous familier d’Homère, de L’Iliade et de L’Odyssée? Sylvain Tesson: Pour moi, c’était des textes à longues barbes. La proposition de France Inter d’écrire d’abord puis de réaliser Un été avec Homère a complètement transformé mon rapport avec cette œuvre. C’est cette matière-là que j’ai rencontrée pendant les semaines que j’ai passées seul sur la petite île de Tinos, dans les Cyclades.

Dans quelles conditions avez-vous écrit cet Eté avec Homère? Je vivais dans une sorte de pigeonnier, une cellule de trois mètres sur trois. Mes journées étaient réglées comme un solfège. Je me réveillais avec le soleil, j’écrivais entre six et sept heures. Dans ma caisse à livres, j’avais des ouvrages de Simone Weil, la philosophe, auteur de L’Iliade ou le poème de la force, du philosophe Marcel Conche, d’Hannah Arendt, de l’historien Jean-Pierre Vernant.