Tout change parce que rien ne change : Introduction à une théorie de l’évolution sociale PDF

L’étude des phénomènes doxiques se situe donc au point de contact de la sémiologie, des études du discours, de la sociologie et de l’épistémologie. Ainsi, la doxa est un concept tout change parce que rien ne change : Introduction à une théorie de l’évolution sociale PDF remonte aux origines mêmes de la philosophie. La compréhension du monde n’est évidemment pas un phénomène simple, non médiatisé.


Au coeur de cet essai, un constat: il est impossible de comprendre les ressorts de l’évolution des sociétés humaines si l’on s’attache uniquement à ce qui change. Il faut d’abord porter son attention sur ce qui ne change pas, les structures invariantes. C’est en effet le non-changement qui permet au changement de radicaliser son expression.Soumettant l’histoire des hommes en société à la problématique générale de l’évolution dont cette histoire n’est qu’un moment, Jean-François Kahn repère et démonte, exemples concrets à l’appui, le moteur du développement social. Les événements qui bouleversent notre fin de siècle _ la résurgence  » des particularismes, le  » retour  » du religieux, l' » affirmation  » identitaire, le  » racisme « , etc. _ apparaissent sous cette lumière nouvelle comme autant de manifestations des structures sociales tendanciellement invariantes que sont le féodalisme, l’esclavagisme, le capitalisme, le tribalisme, l’aspiration au socialisme. Mais l’incessante recomposition de ces invariances ouvre un champ immense aux changements souhaitables et possibles.Cet ouvrage fera débat et suscitera peut-être la polémique. A cela, un certain nombre de raisons: il se veut théorie sociale de substitution au socialisme et au libéralisme théoriques; il propose de reconsidérer chez l’homme le rapport entre l’inné et l’acquis, le naturel et le culturel; il récuse radicalement toute vision et appréhension métaphysique; il aborde de front le problème de la  » race  » et celui des soubassements biologiques des comportements sociaux; il franchit la barrière qui sépare le vivant de la matière inanimée en proposant une interprétation thermodynamique des mouvements de masse. Et, ce faisant, il ouvre un espace illimité à la réalisation autocréatrice de la liberté humaine.Fondateur de L’Evénement du Jeudi, Jean-François Kahn est l’auteur de plusieurs essais, parmi lesquels: La Guerre civile (1982), Et si on essayait autre chose? (1983), Esquisse d’une philosophie du mensonge (1989). »

Le savoir est toujours une construction et, qui plus est, une préconstruction et une reconstruction. Connaissance et communication supposent le passage à travers, et donc le partage d’un système de compréhension. Ce qui vaut pour toute forme de communication, vaut a fortiori pour le texte : tout texte est dominé par des puissances distributives, des mécanismes d’insertion. Les  réalèmes  de Even-Zohar n’impliquent pas de jugement de valeur. Toutefois il signale que, précisément par les contraintes conventionnelles imposées aux réalèmes, il devient possible de leur assigner des  fonctions secondaires , à côté de celle d’informer sur le monde. Even-Zohar donne des exemples d’ordre esthétique et littéraire, mais il est clair que ces fonctions secondaires peuvent être également, et surtout, d’ordre idéologique. En effet, le concept de  doxa  ne reçoit sa valeur pleine que lorsqu’on accepte l’idée que les réalèmes sont soumis à un jugement de valeur.

Elle se situe au-delà de la langue, mais en deçà du discours dont elle fonde, tacitement, l’intercompréhension. La doxa est à la fois reconnaissance et méconnaissance : on reconnaît un cliché que l’on connaît déjà, et celui-ci nous empêche de vraiment connaître la réalité devant nous. En effet, il importe de distinguer la notion de  doxa  de celle d’ épistémè . Mais divorce ne signifie pas forcément opposition absolue. Il serait mieux de dire que doxa et épistémè se trouvent dans un rapport dialectique.

Une autre distinction qui s’impose est celle entre  doxa  et  idéologie . Nous avons déjà relevé la confusion générale autour de ce dernier concept. Plusieurs auteurs identifient doxa et idéologie :  Si l’on rassemble tous ces savoirs, tous ces vulgarismes, il se forme un monstre, et ce monstre, c’est l’idéologie. Il nous semble toutefois que la doxa soit plutôt un instrument, ou encore un masque de l’idéologie de base. Le terme d’idéologie ayant aujourd’hui, parfois, un sens péjoratif, on peut l’employer dans le but de dénoncer un adversaire dans un débat.