Tsiganes et gitans PDF

Danseuse de flamenco, John Singer Sargent, 1881-1882. La guitare classique française s’apparente à la guitare flamenca, même si cette dernière est plus tsiganes et gitans PDF, plus légère et rend un son plus clair, métallique, brillant et moins velouté.


Il existe de nombreuses théories concernant la genèse exacte du terme  flamenco . Il reprenait une terminologie déjà proposée à partir du mot fallah, et déclinée aussi en felahikum ou felagmenku. Une autre théorie affirme que le flamenco était le nom d’un couteau ou d’un poignard. Cependant, cette hypothèse ne s’est jamais fait une place. Il justifia sa position en argumentant que les chanteurs interprétaient le chant avec une veste courte, qu’ils étaient grands et brisés à la taille.

C’était la raison majeure pour laquelle ils ressemblaient à l’échassier du même nom. Enfin, il existe deux hypothèses moins engagées. Des difficultés à utiliser ces médias ? Des difficultés à utiliser ces médias ?

Le flamenco, selon certains auteurs, trouverait son origine dans trois cultures : arabo-musulmane, juive et andalouse chrétienne. Exégètes, musicologues et chercheurs s’accordent à penser aujourd’hui que Triana, un quartier de Séville, est le berceau du flamenco. Selon certains musicologues, les Gitans intégrèrent les diverses sonorités musulmanes, telles que nous pouvons encore les entendre de nos jours avec Abdelkrim Raïs, tout en en modifiant le rythme. Mais il se pourrait que le mimétisme ait opéré en sens contraire, et que le flamenco, devenu populaire en Espagne, ait influencé la culture arabe qui en a reproduit les intonations. Ainsi, c’est en Espagne que le monde musulman a eu ses meilleurs philosophes et penseurs. Il convient donc légitimement de s’interroger : qui influence qui dans l’élaboration d’un art, et ne point passer sous silence l’influence indienne directe qui conditionne la culture gitane. Cisneros de la cathédrale de Tolède, qui voit là une bonne façon de ramener au bercail les  infidèles .

Il s’agit du rabâb, ancienne vièle à deux cordes en boyau de mouton, dont on tire les sons avec un archet en crin de cheval. Le chant seul, comme dans la tonà, servait à dissimuler des remarques et critiques d’ordre politique. Jerez de la Frontera en Andalousie, par Tío Luis el de la Juliana. C’est en transportant de l’eau depuis la source des Albarizones jusqu’à Jerez que le cantaor créait ses chants. C’est à Triana, que s’ouvriront les premiers cafés cantantes, ancêtres des cafés-concerts. En 1881, Silverio Franconetti ouvre à Séville le premier café chantant consacré au seul flamenco. Mais le succès du flamenco a aussi son revers.

Camarón de la Isla et Paco de Lucía. De nos jours, pour ce qui est de l’enseignement, des écoles prestigieuses, des académies — Jerez, Séville, Grenade entre autres —, donnent à cette musique une place très importante. Il existe aussi de nombreuses initiations pour enfants, ce qui n’était pas le cas auparavant, cela étant plus ou moins réservé aux adultes en tant que danse de l’amour, en raison du mouvement collé et de la vivacité des gestes effectués. Paco de Lucía et Camarón de la Isla.

Les Gitans, après avoir été chassés d’Inde, fuient vers la Perse, la Syrie et l’Arabie. Cependant, les Rois catholiques vont adopter envers eux une politique différente. Ils cohabitent alors dans le sud avec Morisques et Andalous, échangeant coutumes et chants, partageant la misère et le mépris dont ils sont victimes. Ils ont l’obligation impérieuse de s’adapter aux lois du pays et de s’intégrer au milieu chrétien, mais cette intégration ne sera que sélective et partielle.

Le but est de tenter une assimilation des Gitans afin d’effacer, à terme, leur identité. L’État interdira que les Gitans soient appelés ainsi et fera tout pour qu’eux-mêmes cessent de se sentir Gitans. Le flamenco, considéré à la fois comme un acte de création et un spectacle, présentait aux yeux des tenants de l’ordre moral et religieux un grave péril, une incitation à la débauche qu’il fallait interdire. D’autre part, la profonde originalité et le caractère totalement novateur du flamenco faisaient de lui une arme particulièrement redoutable et subversive dont il fallait se protéger. L’État change alors de tactique devant la force de résistance du rituel populaire et il s’efforce de le canaliser en le contrôlant de l’intérieur. C’est le moment de l’apparition de normes strictes avec lesquelles le chant flamenco s’affirme au grand jour. Il s’agit de le domestiquer en le déplaçant des rues, des places, des tavernes, des gorges et des prisons vers des lieux spécialisés.

Aujourd’hui, qu’il s’agisse de simple exotisme ou de prise de conscience véritable, la culture populaire andalouse est en voie de réhabilitation aux yeux de l’Espagne moderne. Elle est même revendiquée comme élément constitutif de l’identité nationale. C’est dans les années 1920 que se produit cette forte évolution des mentalités. Le chanteur ou le danseur, intégrés eux aussi dans la société qui les avait marginalisés, ne peuvent plus être que les dépositaires plus ou moins authentiques d’un patrimoine culturel ancestral.

Le professionnalisme, la demande et la mode, le besoin d’exotisme ont banalisé l’expression. L’histoire de l’Andalousie, et celle du flamenco, c’est aussi, jusqu’à maintenant, l’histoire d’une tentative partiellement manquée de passage du local à l’universel. Empêtrés dans le local, les Andalous ont sacrifié à la demande touristique qui leur était faite : du local, de la couleur locale, encore et toujours. La gracia ne se nourrissait plus d’apports étrangers.

Derrière le sang vif, derrière l’œil vif des Andalous, peu d’échanges. Alors, l’ouverture se fait par aspiration de cultures étrangères. Au carrefour de l’Orient et de l’Occident, le flamenco est le fruit d’un syncrétisme qui dépasse le cadre purement culturel pour atteindre le domaine de la philosophie. Il est un formidable moyen de communication et d’expression de l’essence et de l’existence de l’homme andalou, il constitue l’affirmation d’un mode d’être, de penser et de voir le monde. Le monde qui s’offre à l’expression flamenca est fait de tensions et de violences, de passion et d’angoisses, de forts contrastes et d’oppositions qui engendrent le cri du retour aux origines, cri primal et cri de la mémoire. L’art partage avec le sacré d’être une permanente passerelle entre le dedans de soi et l’au-dehors, entre notre for intérieur et le forum extérieur du monde sensible. Manuel de Falla, avec une canne.