Un certain Juif, Jésus, les données de l’histoire : Tome 1, Les sources, les origines, les dates PDF

Cor du jour de la sonnerie, phylactères de prière et quatre espèces. Il marque l’histoire du monde avec l’émergence du monothéisme, croyance héritée par les christianismes et les différentes formes d’islam dont le développement historique a fini par marginaliser le judaïsme. Un certain Juif, Jésus, les données de l’histoire : Tome 1, Les sources, les origines, les dates PDF de Halakha : Quelles sont les conditions pour dire qu’une personne est juive ?


Les images que nous nous faisons de Jésus de Nazareth sont nombreuses et diverses. Jamais pourtant nous ne pourrons faire l’impasse sur une interrogation fondamentale : que pouvons-nous effectivement savoir de Jésus par la connaissance historique moderne ? John P. Meier, dans ce premier volume d’une œuvre qui en compte quatre, explique comment la question de Jésus se présente aux yeux de l’historien et les méthode qu’il met en œuvre pour la cerner. S’impose tout aussitôt de passer au crible de la critique les témoignages les plus anciens sur Jésus soit dans les premiers écrits chrétiens soit dans des textes juifs ou païens. Se déploie ensuite une large enquête sur les origines de Jésus, son milieu social, culturel et religieux, les appartenances familiales. Enfin il établit la gamme des dates que l’on peut retenir pour les événements marquants de la vie de Jésus : naissance, début et durée du ministère, dernier repas, condamnation et exécution. Ce questionnement critique aurait-il pour effet de rendre la figure de Jésus plus incertaine ? Paradoxalement, c’est en affrontant le dossier critique qui les concerne que les personnalités de l’histoire prennent le plus consistance. Croyants ou agnostiques trouveront ici la grande encyclopédie moderne sur ce Juif singulier que fut le Jésus de l’histoire. Conduite rigoureusement suivant les sciences historiques de notre temps, elle est reconnue comme œuvre de référence par l’exégèse biblique actuelle.

YHWH, Abram, renommé Abraham, connaîtra la bénédiction en toutes choses ainsi qu’une descendance populeuse qui habitera la terre foulée par le nomade. Inconditionnellement accepté jusqu’à l’ère moderne, le modèle biblique est sévèrement critiqué depuis lors. La Bible aurait ainsi permis de fédérer ces ethnies disparates autour d’un seul dieu et surtout d’un seul roi, Josias, le roi-oint de la maison de David, qui réunirait en lui les qualités des héros légendaires de la Bible. Josias, est remplacé après la mort de ce dernier par un récit plus prudent, moins soucieux de victoires que de préservation de l’identité nationale en cas de défaite. Judéens et Antiochus IV des Séleucides, qui a voulu supprimer les mœurs judéennes. Judéens et bien que leurs pratiques soient critiquées.

Sur le plan des idées, l’ère du Second Temple est d’ailleurs l’une des plus morcelées de l’histoire du judaïsme. Une femme nue dans un cours d’eau tient un panier. Derrière elle, sur la berge, se tiennent des femmes habillées. La chute du second temple à l’issue de la révolte juive contre Rome, cause un profond traumatisme à travers les communautés judéennes de par le monde. Les partisans de ces deux mouvements devenus dominants  vont se considérer comme un peuple, renvoyant dos à dos la manière d’être judéen et d’être grec , chacun se proclamant le  véritable Israël  en rejetant radicalement l’autre.

Chacun constitue son canon littéraire, affirme progressivement sa doctrine et élabore son hérésiologie. Juda Hanassi, président du Sanhédrin, compile les traditions orales sur la loi en six ordres comportant 63 traités, canonisant de fait la loi orale sous le nom de Mishna. Sous la domination byzantine, la Palestine voit sa population juive décroître. Les grandes institutions rabbiniques sont spécifiquement ciblées, et le Sanhédrin qui décrétait le début du mois et l’ordination de nouveaux rabbins, s’affaiblit avant de disparaître. De leur côté, les rabbins de Babylonie se livrent à leurs propres interprétations de la Mishna dans une atmosphère relativement plus sereine et complètent le Talmud de Babylone deux siècles plus tard. Leur Talmud s’approfondit particulièrement sur les questions de droit civil, et se désintéresse relativement des lois agricoles, de culte ou de pureté rituelle qui ne se posent pas entre le Tigre et l’Euphrate. La conquête arabo-musulmane, qui permet aux deux centres de prospérer, n’inverse pas la tendance.

Ce mouvement qui s’illustre principalement par des commentaires bibliques rédigés à l’aune de la grammaire et de la raison, sans mentionner dans la plupart des cas les traditions rabbiniques sinon pour les critiquer, aurait séduit à son apogée près de la moitié des communautés juives d’Orient. Le judaïsme rabbinique se voit également menacé par l’assimilation des Juifs aisés de Bagdad dans la civilisation arabo-musulmane. Le déclin des académies babyloniennes au profit de communautés indépendantes, ouvre une nouvelle ère dans l’histoire du judaïsme : elle voit l’essor de deux centres situés aux confins du monde juif, nommés Sefarad et Ashkenaz d’après Abdée 1:20 et Genèse 10:3 respectivement. L’œuvre de Maïmonide aura un fort retentissement en Orient, en particulier au Yémen, mais elle n’ira pas sans provoquer des controverses animées dans le reste du monde juif. Sur le plan des lois, on lui reproche d’avoir énoncé la loi selon sa propre opinion, et de vouloir se substituer à mille ans de lois et enseignements.

Ces kabbalistes ne sont pas forcément anti-rationalistes mais leur mystique se refuse à confondre le dieu d’Israël et la Raison. Un principe qui requiert une méthode de pensée, attentive au langage et à tout ce qui émane du langage : les rêves, les songes éveillés, les extases, des transports mystiques, etc. L’étude de la Kabbale atteint son apogée avec l’expulsion des Juifs d’Espagne en 1492. Une communauté de réfugiés fonde un centre à Safed autour de Moïse Cordovero et Isaac Louria.

Cette ère est moins créative que la précédente car la Table et la Nappe font dorénavant figure d’autorités pratiquement incontestables, sur lesquelles on ne peut dans la plupart des cas que gloser. Elle s’accompagne en revanche de bouleversements culturels, identitaires et politiques. La ferveur kabbalistique mène de nombreux Juifs à reconnaître le messie en la personne d’un kabbaliste grec nommé Sabbataï Zevi. C’est dans ce contexte aussi que naît une réponse autrement plus radicale au judaïsme. Amsterdam, où de nombreux Juifs ont pu revenir ouvertement à leur judaïsme après avoir dû vivre comme des chrétiens, Baruch Spinoza publie le Traité théologico-politique en 1670. Bible mais entendant se situer dans la tradition culturelle juive. Un peu plus d’un demi-siècle plus tard, Moïse Mendelssohn tente de concilier judaïsme et philosophie des Lumières.